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Saint-André : cantine à 1 euro confirmée, l'opposition réclame un chèque carburant

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Saint-André : cantine à 1 euro confirmée, l'opposition réclame un chèque carburant

Saint-André : cantine à 1 euro et “pass saint-andréen” de 100 euros mais pas de "chèque carburant"


Au premier conseil municipal de la nouvelle mandature, mardi soir, Joé Bédier a confirmé l'application dès cette année de plusieurs promesses de campagne, à commencer par la cantine à un euro pour tous à la rentrée prochaine. L'opposition, portée par Laurent Virapoullé, a plaidé sans succès pour la création d'un « chèque carburant ».

Le débat sur les orientations budgétaires a dominé cette première séance, organisée au parc du Colosse dans une atmosphère électrique : les soutiens de la majorité comme de l'opposition n'ont pas hésité à applaudir ou huer les prises de parole selon leur camp.

Dans un contexte qu'il a décrit comme marqué par « des contraintes financières de plus en plus fortes », « un désengagement progressif de l'État » et des « incertitudes économiques », Joé Bédier a défendu une ligne axée sur la « proximité au quotidien », la « rigueur et la responsabilité » et la poursuite de projets structurants, faisant de ces orientations « le cap politique de notre action pour cette nouvelle phase de mandat ».

Cantine à 1 euro et pass confirmé

En conférence de presse, avant le conseil, le maire avait déjà tracé les grandes lignes de l'action municipale pour l'année, en confirmant l'une de ses promesses de campagne : la cantine à 1 euro « pour tous » à partir de la prochaine rentrée scolaire d'août.

L'effort financier est estimé à environ un million d'euros pour la commune, pour plus de 9 000 demi-pensionnaires des écoles primaires. La mairie chiffre l'économie pour une famille à 250 euros par an.

Même confirmation pour la création d'un « pass saint-andréen » de 100 euros par an, destiné aux enfants jusqu'au CM2 sur justificatif d'inscription dans une association de la ville. L'objectif est d'encourager la pratique d'activités en dehors du temps scolaire.

Le début du chantier de la Grande-Place prévu en juin

Sur le plan budgétaire, Joé Bédier a chiffré le budget primitif 2026 autour de 130 millions d'euros et rappelé que la commune a investi 150 millions d'euros entre 2020 et 2026.

Le maire a également cité plusieurs chantiers appelés à avancer durant la mandature : le renouvellement urbain du centre-ville, le lancement du chantier de l'îlot de la Grande-Place à partir de juin, la création de nouveaux parkings et la pose prochaine de la première pierre du lycée de métiers de l'hôtellerie et du tourisme.

L'opposition a demandé l'instauration d'un « chèque carburant » financé par les surplus de recettes d'octroi de mer.

L'opposition réfute la « stabilité fiscale »

Laurent Virapoullé a pointé une hausse des charges à caractère général et des dépenses de personnel depuis 2023, ainsi qu'un ratio de dépenses de personnel qu'il a jugé « particulièrement préoccupant », à 73 % des dépenses de fonctionnement.

Il a dénoncé l'absence d'augmentation du budget du CCAS et contesté l'argument de « stabilité fiscale », en avançant une augmentation de la base fiscale.

Sans remettre en cause le principe de la cantine à 1 euro, Laurent Virapoullé a alerté sur le risque, selon lui, d'une dégradation de l'épargne nette de la commune, qu'il chiffre à 1,5 million d'euros, si de nouvelles dépenses étaient engagées « sans maîtrise plus forte du fonctionnement ».

Un « chèque carburant » pour « La Réunion i lève grand matin »

L'élu a aussi demandé que la commune instaure un chèque carburant pour « la Réunion i lève grand matin », à l'image de ce que pratique la mairie de Sainte-Rose, dans le contexte de la hausse des prix à la pompe.

Il a proposé de financer cette aide sur les recettes supplémentaires liées à la fiscalité sur les carburants, selon le modèle de l'aide annoncée par la Région pour les transporteurs. Il a chiffré ce surplus à environ 90 000 euros par mois, en citant un communiqué de la Région indiquant que la majeure partie des recettes supplémentaires attendues en avril — soit 1,4 sur 1,9 million — est reversée aux communes.

Vous n'y connaissez rien à la pêche !

En réponse, le DGS Clément Padre a contesté cette analyse, estimant que la commune ne bénéficiait pas de recettes supplémentaires de cette nature, celles-ci étant « fixes ».

Il a aussi défendu les niveaux de dépenses consacrés à l'entretien des écoles et au personnel communal, rappelant les contraintes propres à la collectivité, et s'est étonné que l'élu de l'opposition appelle simultanément à de nouvelles dépenses sociales et à la rigueur budgétaire.

« Vous pouvez aussi mettre la main à la poche », a lancé Joé Bédier, évoquant « des régimes fiscaux spécifiques dans le cadre de votre profession, vous bénéficiez de grosses dérogations fiscales ». Une référence à l'activité de pêche de son adversaire politique.

« Je ne bénéficie d'aucun régime spécifique, mes bateaux sont au port de La Réunion et le siège de mon entreprise est situé à côté de la mairie, ne parlez pas de pêche, vous n'y connaissez rien », lui a rétorqué Laurent Virapoullé.

Joé Bédier donne un « conseil »

Le débat s'est encore envenimé lors d'une nouvelle passe d'armes entre Joé Bédier et Jean-Marie Virapoullé. Ce dernier a de nouveau fustigé la situation financière de la commune, ciblant notamment des délais de paiement des entreprises « passés de 38 à 93 jours en six ans », et mis en doute les réalisations annoncées par la majorité.

« Vous êtes toujours dans la même litanie depuis 2020 », s'est agacé le maire, avant de donner un « conseil » à son opposant : « Arrêtez ça, vous nous aviez prédit que nous allions droit dans le mur et je suis devant, je débute ma deuxième mandature et comme président de la Cirest vous verrez tout ce que nous allons mettre en place ».

Le maire de Saint-André a par ailleurs mis en avant un effort de 10 millions d'euros par an pour revaloriser les bas salaires au sein de la mairie, en réponse aux questions sur les mesures sociales prises depuis son élection en 2020, et en dénonçant la situation qu'il avait trouvée à son arrivée.

Mots clés : Municipales 2026 Emploi

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