Le député européen réunionnais Younous Omarjee doute de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde, après une mission parlementaire de trois jours à New Delhi et Bangalore qui s'est achevée le 1er avril dernier.
« Dans ce partenariat stratégique, on ne doit pas perdre de vue nos objectifs en matière de souveraineté et d'indépendance », prévient le vice-président du Parlement européen dans un entretien accordé à Outremers360. L'élu de La France insoumise observe que l'Inde rattrape à pas de géant son retard industriel sur l'Europe.
L'accord commercial, qualifié de « mère de tous les accords » par Ursula von der Leyen lors de sa visite à New Delhi le 27 janvier, doit être signé courant 2026. Il ouvrira un marché de 2 milliards d'habitants et pourrait doubler les exportations européennes vers l'Inde d'ici 2032. L'UE représente déjà le premier partenaire commercial de l'Inde avec 120 milliards d'euros d'échanges en 2024.
Younous Omarjee évoque la politique d'indigénisation du gouvernement de Narendra Modi. Lors de commandes importantes, notamment militaires comme les 114 avions Rafale, l'Inde exige de construire certains éléments sur son territoire et d'accéder aux technologies du vendeur.
Le député aborde aussi ses préoccupations environnementales concernant l'essor des data centers, particulièrement énergivores, ainsi que « un rétrécissement des droits des minorités religieuses chrétiennes et musulmanes ». Selon Human Rights Watch, « le gouvernement indien a normalisé la violence contre les minorités religieuses » par des « politiques discriminatoires » et des « discours haineux ».


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