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Police municipale : les agents réunionnais rejettent le désarmement

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Police municipale : les agents réunionnais rejettent le désarmement

Désarmer la police municipale ? Pourquoi les agents réunionnais y sont formellement opposés


« Désarmer les policiers municipaux, c'est désarmer la réalité ! » L'annonce du maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko de vouloir engager un « processus de désarmement » de sa police municipale fait des vagues jusqu'à La Réunion. Cette promesse de campagne LFI, qui prévoit notamment le retrait du LBD, tombe au moment même où l'État réfléchit à renforcer les prérogatives de ces agents.

« Ce nouveau maire veut des équipes non armées, mais c'est impossible vu le contexte de vie », tranche Jean-Jacques Marcely, président national de l'USPPM (Union syndicale professionnelle des policiers municipaux) et Réunionnais. Pour lui, « le climat social ne permet plus d'être non armée ». Plusieurs policiers municipaux de l'île partagent ce constat et décrivent un terrain de plus en plus tendu où les interventions banales dégénèrent rapidement.

Le débat arrive alors qu'un projet de loi examiné au Sénat veut élargir les compétences de la police municipale. Le texte leur permettrait de verbaliser certains délits du quotidien, d'élargir les contrôles d'identité ou d'accéder à des fichiers. Ces nouvelles missions les rapprochent des forces nationales et rendent le désarmement d'autant plus contesté.

Dans les quartiers sensibles de Saint-Denis, Saint-André ou du Port, la police municipale intervient sur des conflits de voisinage, violences intrafamiliales, incivilités ou rixes. « Il faut pouvoir aller sur le terrain en toute confiance, car le risque zéro n'existe pas », insiste Jean-Jacques Marcely. Le retrait du LBD, cette arme intermédiaire entre le contact physique et l'arme à feu, inquiète particulièrement les agents.

Au-delà de la sécurité physique, la dimension psychologique préoccupe. « Cela engendrerait de la frustration chez les policiers », prévient le syndicaliste. Certains évoquent des collègues déjà pris à partie, caillassés ou menacés. Dans ce contexte, retirer les armes reviendrait à « envoyer un mauvais message », selon un agent du Nord de l'île.

Face à ces divergences, Jean-Jacques Marcely réclame une clarification nationale : « L'armement des policiers municipaux devrait être encadré par une loi. » Une façon de sortir du cas par cas municipal et d'interpeller directement les parlementaires sur le rôle de la police municipale entre proximité et sécurité publique.

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