Espace membre :

Suivez-nous

Carcassonne : le nouveau maire RN interdit la mendicité

Partager sur :
Carcassonne : le nouveau maire RN interdit la mendicité

"Stigmatisation des plus précaires" : à peine élu, ce maire signe un arrêté anti-mendicité et déclenche une onde de choc politique


Christophe Barthès n'a pas traîné. Élu maire RN de Carcassonne le 29 mars 2026, il signe dès son installation un arrêté interdisant la mendicité dans certains périmètres du centre-ville. Une décision qui déclenche immédiatement une vive polémique politique.

« Trouble à l'ordre public » et « promesse de campagne tenue sans délai », justifie l'édile selon nos confrères de la Dépêche du Midi. Le geste, filmé et diffusé sur les réseaux sociaux, vise notamment la Cité Médiévale. « Le conseil municipal terminé, j'ai signé mon premier arrêté en tant que maire visant à lutter contre la mendicité en centre-ville », annonce-t-il sur Twitter.

L'opposition ne tarde pas à réagir. Des élus dénoncent « une stigmatisation des plus précaires », d'autres accusent la municipalité de « s'attaquer aux pauvres plutôt qu'à la pauvreté ». Plusieurs associations s'indignent d'un texte qui « invisibilise la misère sans jamais la résoudre ».

Juridiquement, l'arrêté pourrait rapidement être contesté devant le juge administratif. Tout dépendra de sa rédaction précise. S'il vise de manière générale la mendicité sans justification circonstanciée, il risque l'annulation. En revanche, s'il cible des situations clairement identifiées dans des périmètres restreints, il pourrait passer le filtre du droit.

À La Réunion, où la pauvreté touche 36 % de la population selon les derniers chiffres, cette décision trouve un écho particulier. Ici, la mendicité n'est pas qu'un fait social. Elle a un visage, une voix, parfois celle d'un voisin. La Ligue des droits de l'Homme rappelle régulièrement qu'interdire la mendicité ne résout pas la pauvreté mais « la déplace, la rend invisible ».

Au-delà du clivage partisan, cette mesure interroge la place accordée aux plus vulnérables dans l'espace urbain. « Une ville n'est pas seulement un espace à réguler. C'est un récit collectif », observe une internaute. Entre ordre public et dignité humaine, le débat révèle les tensions françaises sur le traitement des marges sociales.

0 commentaire

Écrivez votre commentaire...
💬

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !