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Tan Rouge : un chemin d'école impraticable depuis 30 ans

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Tan Rouge : un chemin d'école impraticable depuis 30 ans

À Tan Rouge, le chemin de l’école oublié depuis des décennies


400 euros le mètre pour 400 mètres de chemin. À Tan Rouge, dans les hauteurs de Saint-Paul, le calcul est simple mais le projet n'avance pas. Une dizaine de familles vivent depuis des décennies avec un accès impraticable à leurs habitations, particulièrement après les pluies.

« J'ai grandi ici. Je connais ces familles depuis toujours », confie Alix Mera, syndicaliste à la mairie de Saint-Paul. Pour lui, la situation dépasse les clivages politiques. « J'ai alerté tous les maires depuis Sinimalé. À chaque mandature, je transmets la demande aux élus de quartier, mais rien n'avance. » Il évoque même des visites de terrain avec des candidats, dont Didier Robert. « Mais après les visites, il ne se passe rien. »

Sur ce chemin de galets et de boue, les gestes du quotidien tournent au parcours du combattant. Yolande, 65 ans, vit dans la maison familiale depuis toujours. « Mon frère met des galets de temps en temps pour essayer d'arranger, mais dès qu'il pleut, tout disparaît. » L'accès aux soins pose des problèmes : « Les ambulances refusent souvent de venir. Je les comprends, ils peuvent abîmer leur véhicule. »

Le 4 février dernier, sa mère avait un rendez-vous au CHOR. Après de fortes pluies, l'ambulance a demandé de reporter. « C'était impossible. » La solution ? Un ambulancier a accepté de monter à pied et de pousser la patiente sur les galets jusqu'au véhicule garé plus haut.

Même sortir les poubelles pose problème. « Il faut les tirer dans les trous, dans les cailloux », raconte Yolande. Les boîtes aux lettres sont situées en haut, sur la partie goudronnée. Pour les soins à domicile, c'est pire. « Les infirmiers, les médecins, les kinés... personne ne veut venir jusqu'ici », témoigne une habitante de 78 ans dont le mari a 91 ans.

Depuis la fin des années 1990 et les premières opérations de résorption de l'habitat insalubre, ces familles ont été laissées de côté. « On leur a dit qu'il n'y avait plus d'argent. Sur une opération à plus de 30 millions de francs », rappelle Alix Mera. Certains habitants se disent pourtant prêts à faciliter les travaux : « On est prêt à donner la partie du chemin qui nous appartient pour que le chemin soit refait correctement. » À 86 ans, Gisèle résume l'attente générale avec des mots simples : « Mi habite ici depuis 58 ans... Mi espère juste que le chemin sera fait avant que mi ferme mon zieu. »

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