45,30 % des suffrages. C'est le score qui propulse Alexandre Laï-Kane-Cheong à la mairie de Sainte-Suzanne, au terme d'un scrutin du 22 mars qui met fin à plusieurs décennies d'hégémonie du Parti communiste réunionnais. À 37 ans, celui que l'on surnomme « Alek » a réussi sa « remontada » face au député Frédéric Maillot.
Arrivé second au premier tour, le candidat de Croire et Oser a renversé la tendance grâce à une campagne de terrain intensive. « Je suis typiquement un marmay Sainte-Suzanne », revendique ce fils de Village Desprez, attaché à « la kaz mamie » du chemin Marencourt où il a grandi.
Son parcours l'a pourtant mené loin de l'île. Après une classe préparatoire littéraire au lycée Leconte-de-Lisle, il décroche un Master en philosophie politique puis un Master en ressources humaines à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il travaille comme chargé de recrutement dans la capitale avant de rentrer en novembre 2011.
De retour à La Réunion, il devient secrétaire général de la CAPEB et se lance dans le militantisme. Grève des transporteurs en 2012, mouvement RSKP, création de l'UJ2R... Ces expériences façonnent sa vision politique, nourrie par ses lectures de Frantz Fanon, Malcolm X ou Thomas Sankara. « Une pensée politique ne vaut rien si elle n'est pas confrontée à la réalité », martèle ce professeur de philosophie au lycée Levavasseur.
Croire et Oser naît de cette réflexion en 2014. Mais le mouvement connaît des fractures internes, notamment avec Frédéric Maillot. « Individuellement, son accession à des responsabilités est un acte d'émancipation », reconnaît Laï-Kane-Cheong, avant d'interroger : « À quel moment met-on en œuvre ce pour quoi on a été élu ? »
Cette victoire, il l'a construite dans la durée. Candidat malheureux aux municipales de 2020 et aux législatives de 2022 et 2024, il observait un décalage entre les ambitions communistes affichées et la réalité locale : « Je me disais


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