Parachutes, chevaux blancs, motos rugissantes et vidéos à dos de bœuf moka. À La Réunion, plusieurs candidats aux municipales ont transformé leur campagne en spectacle grandeur nature. Six semaines avant le scrutin, ils faisaient le buzz sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, certains découvrent que la viralité ne garantit pas la victoire.
La politique réunionnaise n'avait jamais été aussi visuelle. Chaque geste calculé, chaque apparition mise en scène comme un blockbuster hollywoodien. À Saint-Leu, les candidats rivalisaient d'originalité : arrivées spectaculaires à moto, à cheval, ou même en parachute pour le maire sortant. Une conquête version grand spectacle, assumée jusqu'au bout.
Mais la mécanique s'est grippée. À force de jouer dans leur propre film, certains ont perdu le fil. Le cheval blanc ne fait pas un programme électoral. Le parachute n'amortit pas une contestation populaire.
Dans l'Est, une crise familiale exposée entre les deux tours a débouché sur une alliance fraternelle de dernière minute. Plus au Sud, à Saint-Louis, Rémy Bourgogne signait « la vidéo la plus décalée de la campagne » selon nos confrères, juchée sur un bœuf moka. À Saint-Pierre, les montages photos aux allures de propagande, estampillés d'un institut de sondage, ont devancé une réalité moins complaisante.
Les sortants les mieux installés ont choisi une partition plus classique. Moins spectaculaire, plus structurée. Pendant que d'autres multipliaient les coups d'éclat, ils déroulaient patiemment leur stratégie. Au soir des urnes, le contraste fut rude pour les adeptes du storytelling millimétré.
Que reste-t-il quand la musique s'arrête ? Peut-être ce constat : les Réunionnais attendent du sérieux de leurs élus. À La Réunion comme ailleurs, on peut faire beaucoup de bruit. Mais ce sont encore les voix qui comptent. Et celles-là ne s'achètent ni à dos d'étalon, ni en parachute dans le ciel de l'Ouest.


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