Céline Sitouze a remporté dimanche l'élection municipale partielle de Sainte-Marie avec 53,47% des suffrages exprimés, brisant 36 années de gestion de droite dans cette commune réunionnaise. Un bastion traditionnellement ancré à droite qui bascule.
Au second tour, les candidats de droite se sont sabordés en se maintenant tous les deux face à Céline Sitouze. Richard Nirlo, le maire sortant, et Jean-Louis Lagourgue, ancien sénateur-maire, ont refusé de se désister malgré les 33,4% obtenus par leur adversaire au premier tour. Résultat : Nirlo termine troisième avec 21,71% des voix, Lagourgue second avec 24,73%.
« Ce soir, les Sainte-Mariens nous ont définitivement dit qu'ils voulaient tourner cette page de 36 ans », a déclaré la nouvelle édile lors de sa victoire. Première femme maire de l'histoire de Sainte-Marie, elle règle ses comptes avec les « dynasties » : « Que certains arrêtent de croire que c'est dans leur ADN de diriger Sainte-Marie. Il n'y a pas de dynastie car la démocratie est la plus forte. »
Céline Sitouze a ensuite arrondi les angles, promettant d'être « la maire de tous les Sainte-Mariens et Sainte-Mariennes des bas et des hauts ». Elle a aussi rassuré les employés communaux en excluant toute « chasse aux sorcières », répondant aux accusations portées durant la campagne.
La débâcle de la droite laisse un « champ de ruine », selon l'expression utilisée dans l'entourage des candidats battus. À 76 et 78 ans, Nirlo et Lagourgue voient leur ère politique s'achever. L'opposition municipale se retrouve réduite à quatre élus répartis entre les deux camps. Richard Nirlo pourrait par ailleurs faire face à un « troisième tour judiciaire » d'ici fin 2026.


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