La filière agricole réunionnaise hausse le ton. Ce 18 mars, la Production Locale Réunie (PLR) lance un appel urgent aux élus et institutions européennes pour défendre le programme POSEI, dispositif vital pour l'économie locale.
« Le combat n'est ni gagné, ni stabilisé », alerte l'organisation dans un communiqué. Elle évoque un « point d'inflexion majeur » dont les décisions pourraient engager « pour des décennies la sécurité alimentaire, l'équilibre économique et la stabilité sociale » de l'île. En ligne de mire : le risque de voir ce soutien européen aux filières agricoles ultramarines dilué ou supprimé lors des réformes en cours.
Le 17 mars à Tenerife, les représentants des régions ultrapériphériques ont affiché une position commune. Accompagnés d'élus européens et d'acteurs économiques, ils refusent catégoriquement la disparition de ce dispositif « sur mesure ». La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a réaffirmé le soutien français au maintien du POSEI dans sa forme actuelle.
Au-delà des questions budgétaires, c'est un cadre juridique spécifique que défendent les territoires. Fondé sur l'article 349 du Traité de l'Union européenne, il permet des aides adaptées aux contraintes des régions ultrapériphériques. Sa disparition laisserait un vide juridique difficilement compensable.
La filière réunionnaise ne se contente pas de défendre l'existant. Elle réclame un « changement de braquet » : maintien du POSEI agricole comme instrument autonome, doublement de son budget et création d'un POSEI dédié à la pêche. Cette revendication unit les organisations agricoles françaises, espagnoles et portugaises.
L'enjeu dépasse le secteur agricole. Avec près de 40 000 actifs à La Réunion et une couverture d'environ 75 % des besoins en produits frais de l'île, la filière constitue un pilier économique. Les discussions sur le futur cadre financier pluriannuel européen s'annoncent décisives pour l'équilibre territorial réunionnais.


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