L'union tant espérée n'aura pas lieu. Emeline K/Bidi et Jean-Gaël Anda Sita ont échoué à fusionner leurs listes pour le second tour des municipales à Saint-Pierre, ouvrant la voie à une triangulaire qui arrange les affaires de David Lorion.
Avec 44,33 % des suffrages au premier tour, le maire sortant aborde cette dernière ligne droite en position de force. Dans son camp, le ton est à la confiance. Lorion assume son statut de favori et mise sur une dynamique de rassemblement. Il dit pouvoir aborder « le second tour sans difficulté ». Chaque jour sans accord entre ses adversaires a renforcé sa position.
Les espoirs d'union se sont rapidement brisés. Dès le soir du premier tour, Emeline K/Bidi avait tendu la main en appelant à une union « des forces de gauche et de progrès ». Mais les discussions avec Jean-Gaël Anda Sita ont tourné court. La députée dénonce des exigences « choquantes et incompréhensibles ». Selon elle, son adversaire aurait voulu prendre la tête d'une liste commune malgré son score inférieur.
Le camp Anda Sita conteste immédiatement cette version. Ses colistières Brigitte Hoarau et Séverine Ferrante évoquent au contraire des conditions imposées par K/Bidi, notamment sur la composition de la liste et l'exclusion de certains noms. Elles affirment que des concessions avaient été envisagées, mais que l'accord final ne permettait pas un rassemblement « équilibré et respectueux ».
Ruth Dijoux, arrivée quatrième, a choisi de ne pas entrer dans une logique de fusion ni de donner de consigne de vote. Elle explique « faire confiance » à ses électeurs, considérant qu'elle ne dispose pas d'un poids suffisant pour orienter les négociations.
En l'absence d'union, les voix de l'opposition risquent de se disperser. Dans un scrutin municipal, une telle division peut s'avérer déterminante. Le maire sortant avance sans forcer, observant ses adversaires s'enliser dans leurs désaccords.


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