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Municipales La Réunion : les femmes conquièrent le pouvoir local

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Municipales La Réunion : les femmes conquièrent le pouvoir local

Et si les femmes étaient en train de prendre le pouvoir politique à La Réunion ?


Ericka Bareigts triomphant à Saint-Denis avec plus de 60 % des voix, Camille Clain s'imposant à l'Entre-Deux, Juliana M'Doihoma confirmée à Saint-Louis... Le premier tour des municipales du 15 mars redessine la carte du pouvoir politique réunionnais avec l'émergence de nombreuses maires.

La performance la plus spectaculaire reste celle de la maire sortante dionysienne, réélue dès le premier tour dans une ville réputée politiquement disputée. « Je voudrais remercier du fond du cœur tous les concitoyens dionysiennes et dionysiens qui sont venus glisser leurs bulletins massivement pour nous au premier tour », a déclaré Ericka Bareigts face à ses militants. Première femme élue maire de Saint-Denis en 2020, elle devient aussi la première à être reconduite sans ballotage.

Le phénomène ne se limite pas au chef-lieu. À l'Entre-Deux, Camille Clain a remporté l'élection avec 52 % des voix, battant le maire sortant Bachil Valy et apportant un nouveau visage féminin. Plus à l'est, à Salazie, Sidoleine Papaya confirme son ancrage local en dépassant les deux tiers des suffrages exprimés.

Dans le sud, Juliana M'Doihoma incarne depuis 2020 cette nouvelle génération d'élues locales. « Ce qui m'intéresse, c'est de représenter Saint-Louis dignement et faire respecter Saint-Louis dans le futur Grand Sud », a-t-elle martelé après sa réélection. À La Possession, Vanessa Miranville apparaît bien partie pour conserver son fauteuil, tandis qu'à Sainte-Marie, Céline Sitouze aborde le second tour en position favorable.

Pendant des décennies, la politique réunionnaise est restée une affaire d'hommes, structurée autour de grandes figures masculines installées au pouvoir pendant plusieurs décennies. « Dans de nombreuses communes, la conquête d'une mairie restait un espace difficilement accessible pour les femmes, reflet d'un patriarcat culturel profondément ancré dans la société réunionnaise », analyse une militante d'Ericka Bareigts.

Quatre femmes sont déjà assurées de diriger une des 24 communes de l'île, tandis que deux autres sont en ballotage favorable. Cette évolution accompagne un changement plus large, avec Huguette Bello à la présidence de Région et une visibilité croissante des femmes dans les exécutifs locaux réunionnais.

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