Richard Nirlo refuse de se désister au profit de Jean-Louis Lagourgue pour le second tour des municipales à Sainte-Marie. Cette décision ouvre la voie à une triangulaire qui pourrait profiter à Céline Sitouze, candidate divers gauche arrivée en tête au premier tour.
Le conflit entre l'ancien sénateur-maire et son ex-protégé a franchi un nouveau cap. Dès dimanche soir, Jean-Louis Lagourgue réclamait « un désistement républicain de Richard Nirlo », en s'appuyant sur ses 86 voix d'avance. Ses militants, nombreux, l'ont acclamé dans une ambiance de revanche. Beaucoup déclaraient sans détour que Nirlo devait s'écarter au profit de « Jean-Louis », que certains appellent « patron » sur un ton paternaliste.
« Il est impossible d'imaginer les réunir dans la même pièce », commente un observateur. Les deux hommes ne se sont même pas parlés depuis les résultats. Leurs relations, longtemps apaisées depuis que Lagourgue avait confié son écharpe de maire à son fidèle premier adjoint en janvier 2018, se sont détériorées avec les affaires judiciaires de 2020. « Il a toujours dit qu'il assumerait ce qu'il a fait mais il a reproché à Jean-Louis Lagourgue de ne pas en faire autant », raconte un cadre municipal.
La stratégie de Lagourgue vise à rallier les électeurs de Nirlo pour faire barrage à Céline Sitouze. « Sainte-Marie est à droite et doit le rester », martèlent ses partisans. Ils comptent sur un ralliement massif, notamment sur le secteur d'Espérance où Nirlo a réalisé un score honorable.
Mais le maire sortant ne l'entend pas de cette oreille. Il refuse de « donner un chèque en blanc » à son adversaire pour 68 voix d'écart seulement. Nirlo sait qu'un retrait signerait la fin de sa carrière politique. Il se présente comme le « représentant légitime de la droite à Sainte-Marie » et accuse Lagourgue d'être « envoyé par Huguette Bello pour soutenir indirectement Céline Sitouze ». Pour son entourage, cette « candidature parasite » vise à « diviser les voix de la droite, comme celle de Didier Robert à Saint-Paul ».
« Personne n'avait vu venir Céline Sitouze en dépit de la machine régionale dont elle a pu bénéficier », reconnaissent les observateurs. Certains employés communaux « redoutent l'arrivée » de la candidate de gauche, craignant une réorganisation des services. D'autres, « sentant le vent tourner », seraient déjà prêts à la rejoindre.


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