Le tribunal administratif pourrait contraindre l'État à résilier son nouveau dispositif de surveillance des spots de surf. Le club Leu Tropical Surf Team (LTST) conteste l'attribution sans appel d'offres du marché à l'association Ressac, qu'il accuse d'avoir été créée « de toutes pièces » par les services préfectoraux.
Depuis 2015, plusieurs dispositifs se sont succédé pour encadrer la pratique du surf après la crise requin. Les vigies requins renforcées, puis les Waterpatrols du LTST ont assuré cette mission avec des financements publics importants. Mais les tensions entre acteurs - GIP Centre de sécurité requin, Ligue réunionnaise de surf et club saint-leusien - ont fini par pousser l'État à reprendre la main en février 2023.
« Un panier de crabes dans lequel personne ne voulait mettre la main », selon les mots du sous-préfet Philippe Malizard. Les 24 salariés des anciennes vigies ne surveillaient qu'un spot par jour, ce que l'État jugeait insuffisant au regard des coûts. Des polémiques sur les salaires ont aussi éclaté, discréditant les structures existantes.
L'association Ressac démarrera son activité en 2025 avec 1,6 million d'euros de subventions pour 2026, financées à 48 % par l'État. Pour LTST, cette création cache un marché public déguisé, accordé sans publicité ni mise en concurrence à une structure dont les statuts auraient été rédigés par le GIP Centre sécurité requin.
Lors de l'audience, la préfecture a contesté la capacité du club à postuler, celui-ci ayant rendu tout le matériel de surveillance. Le sous-préfet a mis en garde contre les conséquences d'une résiliation : arrêt des écoles de surf et chômage technique des salariés. Le juge des référés doit rendre sa décision la semaine prochaine.


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