Plus de deux cents personnes ont défilé dimanche dans les rues de Saint-Denis pour la Journée internationale des droits des femmes. Devant la préfecture, militantes et syndicalistes ont dénoncé les inégalités salariales, la précarité et les violences faites aux femmes.
« Ce n'est pas une journée pour offrir des fleurs ou des soins. C'est une journée de lutte internationale », lance Naomi Saquoitier-Balon de l'union 974 étudiant face à la foule rassemblée. Le ton est donné. Sous le soleil de midi, pancartes et drapeaux violets oscillent au rythme des pas sur l'asphalte dionysien.
Les revendications fusent. Revalorisation des métiers féminisés, égalité salariale, fin du temps partiel imposé. « Dans les métiers de l'éducation, de la santé ou de l'accompagnement social, majoritairement féminins, la même mécanique se répète », dénonce une intervenante. Cette « vision sexiste sert de paravent à l'exploitation ».
La réalité réunionnaise frappe durement. « Beaucoup sont mères seules. Dans plus de la moitié des cas, ces familles vivent sous le seuil de pauvreté », rappelle Jocelyne de la CGT. Les chiffres circulent : quatre-vingts pour cent des femmes consacrent au moins une heure quotidienne aux tâches domestiques, contre un tiers des hommes.
Le sujet des violences assombrit l'atmosphère. « À La Réunion, quinze femmes déposent plainte chaque jour pour violences conjugales. Les forces de l'ordre interviennent dix-sept fois par jour pour des violences intrafamiliales », énumère une militante. « Nous continuons à compter nos mortes. »
Autour de la préfecture, les manifestantes se dispersent lentement. Certaines replient leurs banderoles, d'autres discutent encore. « Tant que l'égalité ne sera pas réelle, le 8 mars restera une journée de lutte », concluent les organisatrices tandis que le cortège se dilue dans les rues de la capitale.


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