Giovanni Payet (La Voix Citoyenne) a déposé sa liste en préfecture ce mardi 24 février pour les municipales de Saint-Denis. Son ambition : « rompre avec les pratiques politiques classiques » et « répondre concrètement aux préoccupations des Dionysiens ».
Ce trentenaire du Tampon a quitté La Réunion à 20 ans pour ses études, puis vécu dix ans en métropole, notamment à Saint-Étienne. De retour sur l'île, il choisit de s'installer à Saint-Denis. « Saint-Denis, c'est l'Europe. On voit des gens différents, venant de tous horizons. Et moi, c'est ce qui me plaît », explique-t-il. Une ville choisie « par conviction » et non « par défaut », selon ses mots.
Cette candidature fait suite à sa participation aux législatives de 2022, où il avait fini septième sur dix-sept candidats. Depuis, il dit avoir noté les préoccupations exprimées par les habitants dans les quartiers, sur les marchés ou aux arrêts de bus. Cette écoute de terrain nourrit son programme municipal.
Giovanni Payet mise sur une gouvernance exemplaire. Il s'engage au non-cumul des mandats et veut plafonner les indemnités d'élus à 5 000 euros brut par mois maximum. Toute décision municipale sur l'attribution d'un logement, d'un emploi ou d'une subvention devrait respecter des critères transparents pour éviter le clientélisme. Les élus mis en examen seraient suspendus de leurs fonctions.
Cette approche critique vise directement la gestion d'Ericka Bareigts, maire sortante. « On la voit partout, mais les habitants attendent d'abord des résultats concrets », estime Giovanni Payet, qui cite « des écoles accueillantes, une voirie praticable et une sécurité effective » comme priorités.
Son programme social prévoit une mutuelle santé communale négociée par la municipalité, avec une baisse annoncée de 20 à 30 % des cotisations. Il propose aussi une Maison dionysienne de la santé mentale pour accompagner les personnes confrontées à l'isolement ou à l'anxiété. La gratuité des transports en commun est promise dès août 2026.
Le dispositif « Saint-Denis Tranquille » reposerait sur une application mobile permettant aux habitants de signaler tout dysfonctionnement urbain. « Fini la politique du sans réponse. Chaque signalement devra recevoir un suivi », assure-t-il. Cette initiative serait complétée par le programme « Les 100 zafèr ki dékon' », orienté vers la lutte contre les incivilités.
Pour le logement, Giovanni Payet annonce la construction de 1 500 habitations d'ici 2030, incluant des résidences pour personnes âgées et un foyer pour jeunes travailleurs. Il défend la réquisition de bâtiments vacants pour répondre à la demande sociale. En éducation, un programme décennal de rénovation des établissements scolaires est prévu sous l'intitulé « Mon lékol i refé ».
« Je ne travaille pas pour 2026, je travaille pour 2050 », affirme le candidat. Il propose notamment une « ceinture verte dionysienne » visant à accroître de plus de cent hectares les terres agricoles cultivables grâce à une révision du plan local d'urbanisme. Une Maison de l'accueil et de l'intégration dionysienne accompagnerait les nouveaux arrivants avec un soutien linguistique et culturel.


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