Philippe Creissen accuse Émeline K/Bidi de violer les règles déontologiques de sa profession. L'avocat reproche à la candidate aux municipales de Saint-Pierre d'avoir pris publiquement parti pour un agent municipal sanctionné, ce qui ne cadre pas avec son statut de députée et d'avocate.
« KBIDI pa la ek sa, la candidate sans foi ni loi », écrit Me Creissen dans un communiqué. Il dénonce « un soutien apparent à un employé de la ville contre la Ville qui lui est totalement interdit pourtant par sa profession d'avocat et son mandat de parlementaire ».
L'avocat invoque le code de déontologie qui stipule qu'un « avocat investi d'un mandat parlementaire ne peut accomplir aucun acte de sa profession, ni intervenir à aucun titre et sous quelque forme que ce soit : pour ou contre l'État, ses administrations et ses services, les sociétés nationales, les collectivités et établissements publics ». Il interpelle directement « le bâtonnier et la Présidente de l'Assemblée pour le respect de la loi par une députée avocate ».
La polémique part d'une publication Facebook où Émeline K/Bidi exprime son soutien à Karim Benchaâ, agent municipal en grève de la faim devant la mairie. La députée présente ce directeur de la Vie Citoyenne comme « le symbole de ce que nous dénonçons depuis l'année dernière ».
Selon la candidate, l'agent a été sanctionné puis rétrogradé après avoir dénoncé des pressions sur des agents municipaux. « Totalement innocenté par la commission de discipline, il n'a toujours pas été réhabilité par le maire dans son poste et dans ses droits », affirme-t-elle. Elle réclame une « sanction démocratique dans les urnes le 15 mars » pour « le retour de la justice et de l'efficacité au sein de l'appareil communal ».
Me Creissen assume ses déclarations et se dit prêt à « les assumer au tribunal, si ma consœur députée le souhaite ». L'affaire mélange tensions électorales et questions déontologiques à quelques semaines du scrutin municipal.


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