236,7 millions d'euros contre 100 millions estimés. L'écart est si important que le SYDNE a décidé de saisir l'Autorité de la concurrence contre Inovest, filiale de Suez, qu'il accuse d'abus de position dominante dans le traitement des déchets du Nord et de l'Est de La Réunion.
Réuni lundi, le comité syndical a déclaré sans suite l'appel d'offres lancé en décembre pour un marché de six ans. Une seule offre avait été déposée, celle d'Inovest, jugée « techniquement insuffisante » et dépassant de 136 % l'estimation initiale. C'est le second échec après celui de la délégation de service public en 2025, également abandonnée face à une offre financière « inacceptable » (+64 %).
« Nous sommes face à un monopole », dénonce Daniel Alamélou, président sortant du syndicat. Cette situation découle d'un marché attribué sans concurrence en 2017 à Inovest pour 243 millions d'euros sur quinze ans. Jugée illégale par le tribunal administratif en 2019, cette procédure avait été résiliée avec effet différé jusqu'en octobre 2026. La Chambre régionale des comptes avait alors pointé la « dépendance structurelle » du SYDNE vis-à-vis de l'opérateur privé.
Le syndicat a signalé la situation à l'Autorité de la concurrence, à la DGCCRF et au préfet depuis fin janvier. Les sanctions peuvent atteindre 10 % du chiffre d'affaires mondial du groupe. Daniel Alamélou questionne également le prix de vente de l'outil industriel, estimé à 140 millions d'euros par Suez contre 50 millions selon sa valeur vénale.
À huit mois de l'échéance contractuelle, plusieurs scénarios restent sur la table : marché négocié, contrat transitoire ou réquisition préfectorale. Jean-Pierre Marchau (EELV) plaide pour maintenir le dialogue avec « le seul acteur économique ». La décision finale reviendra au prochain bureau du SYDNE, Daniel Alamélou ayant présidé son dernier conseil.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !