Le président Jacques Rousseau ne présidera pas le procès en appel des emplois présumés fictifs à la Région, prévu du 15 au 17 avril prochain. Cette décision fait suite à l'audience extrêmement tendue du 12 novembre dernier, qui s'était soldée par un ajournement surprise.
Dès décembre, le magistrat avait fait savoir à la cour d'appel qu'il ne souhaitait plus participer à cette affaire. L'audience de novembre avait révélé un casse-tête procédural de taille : une enquête parallèle menée par les gendarmes de Saint-Denis, classée sans suite, mais dont les résultats restaient inaccessibles à la défense malgré leurs demandes répétées.
Cette situation explosive avait provoqué la colère du président Rousseau. « Absolument furieux », il s'était dit mis devant le fait accompli et avait qualifié la situation « d'inadmissible ». Le magistrat était même allé jusqu'à confisquer la parole à la procureure générale au nom de la police de l'audience.
L'échange final entre les deux magistrats avait achevé de tendre l'atmosphère. Tandis que le président déplorait avoir « travaillé le dossier pendant trois mois tous les week-ends », la procureure générale avait répliqué sèchement : « C'est notre job. On ne va pas non plus pleurer parce qu'on le fait. »
Le procès de cette affaire, qui concerne 11 prévenus relaxés en première instance, se tiendra donc avec une nouvelle composition. Une présidente dirigera les débats lors de cette session d'avril dans ce dossier judiciaire déjà complexe.


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