Espace membre :

Suivez-nous

Le Tampon : la liste d’Alexis Chaussalet pour les municipales rejetée par le sous-préfet

Partager sur :
Le Tampon : la liste d’Alexis Chaussalet pour les municipales rejetée par le sous-préfet

Le Tampon : la liste d’Alexis Chaussalet pour les municipales rejetée par le sous-préfet


Numéro 4 sur la liste du candidat à l'élection municipale du Tampon Alexis Chaussalet, l'ex-employée de la Région Laurita Alendroit ne serait pas éligible, selon le sous-préfet de Saint-Pierre Jean-Paul Normand. Si elle a bien été radiée de la liste des cadres de la collectivité le 15 janvier, sa retraite ne sera effective qu'à compter du 1er mai, après le second tour du scrutin.

« C'est difficile, mais nous nous battons. Je peux vous assurer que nous nous battons », répond Alexis Chaussalet au téléphone ce mardi 17 février, lorsque nous prenons des nouvelles de la campagne électorale au Tampon. Le candidat de la gauche, déjà aux prises avec le maire sortant Patrice Thien Ah Koon, doit maintenant gérer un nouveau front ouvert par le sous-préfet de Saint-Pierre.

Le 13 février dernier, après plusieurs échanges oraux et écrits avec Alexis Chaussalet et son équipe, Jean-Paul Normand a refusé d'enregistrer le dépôt en préfecture de la liste du candidat. Motif : Laurita Alendroit, inscrite en position N.4, serait frappée d'inéligibilité. Les services de l'État invoquent l'article L231 du code électoral : la militante culturelle, jusqu'à récemment cheffe de la mission territoriale de la Région, ne pourrait prétendre à un mandat de conseillère municipale.

Laurita Alendroit

Certes, elle a été radiée de la liste des cadres de service de la Région le 15 janvier à la suite d'une rupture conventionnelle. Mais selon la préfecture, le code électoral exigeait que Laurita Alendroit quitte son poste six mois avant l'échéance du premier tour des municipales, fixé au 15 mars prochain. Les services de l'État ajoutent que la candidate ne touchera sa première pension de retraite qu'à la date du 1er mai prochain, après le second tour de l'élection.

La préfecture plaide l'inéligibilité fonctionnelle

D'après la lecture du dossier faite ce mardi par le rapporteur public lors d'une audience en urgence au tribunal administratif de La Réunion, le sous-préfet n'aurait pas dû refuser de délivrer le récépissé de dépôt de liste à Alexis Chaussalet. Ce document ne fait pas obstacle à ce que le juge du contentieux préélectoral ou électoral puisse, par la suite, trancher sur l'éligibilité de Laurita Alendroit.

« Le code électoral précise à l'article 128 : un récépissé est délivré si la liste est conforme aux prescriptions en vigueur. Si la loi n'impose pas de contrôler les autres causes d'éligibilité, elle impose au préfet de vérifier les inéligibilités fonctionnelles », s'est défendue la représentante de la préfecture à l'audience. Elle insiste : la requérante n'avait pas produit au dossier d'arrêté de départ à la retraite.

Le juge des référés a interrogé Me Ingrid Blameble, l'avocate de Laurita Alendroit. Par « curiosité personnelle », dit-il, il s'intéresse au poste occupé par la requérante à la Région. Il veut aussi comprendre le cheminement qui l'a conduite à prendre sa retraite, motivée par des raisons de santé selon l'avocate. « Comment vit-elle jusqu'à sa pension de retraite en mai ? Pourquoi ce délai ? » questionne le magistrat avec insistance.

Une position difficilement tenable pour Laurita Alendroit

« Je ne sais pas, je ne pensais pas que c'était le sujet du jour. Je suppose qu'elle perçoit des indemnités pour sa rupture conventionnelle », a répondu la robe noire. Elle s'offusque lorsque le juge des référés lui demande si ce n'était pas surprenant que Huguette Bello produise une attestation au dossier le jour même où le sous-préfet rejetait la liste d'Alexis Chaussalet.

« Madame Bello est très accessible ? », questionne le magistrat avec le sourire. Rien de bien surprenant, pourtant, à ce que Huguette Bello suive ce dossier de près : Laurita Alendroit est une militante culturelle connue à La Réunion et Alexis Chaussalet, souvent présenté comme un protégé de la présidente de Région, travaillait l'an dernier encore pour la collectivité.

Lire aussi : Le Tampon : Alexis Chaussalet présente sa liste citoyenne pour les municipales

« Pourquoi ce serait bizarre ? Madame Bello était au courant, évidemment. Je ne crois pas qu'il soit normal de suggérer qu'il y ait quelque chose de bizarre dans le fait que Laurita Alendroit sollicite son ancienne administration pour une attestation », a vivement rétorqué Me Ingrid Blameble.

La décision du tribunal devrait intervenir rapidement, mais le maintien de Laurita Alendroit sur la liste reste un pari risqué. Il est encore possible de lui trouver une remplaçante jusqu'au 26 février. Car même si le sous-préfet de Saint-Pierre venait à recevoir l'injonction de délivrer un récépissé à Alexis Chaussalet - objet de l'audience de ce mardi -, l'inéligibilité de la candidate pourrait encore être confirmée après examen de sa situation par la juridiction administrative.

0 commentaire

Écrivez votre commentaire...
💬

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !