Ce jeudi, un couple de planteurs de canne à sucre retraités a comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour travail dissimulé et complicité. Jean, qui exploite près de 6 hectares en fermage à Saint-Louis, a admis avoir employé Simon au noir entre 2019 et 2023, sans déclaration ni fiche de paie.
En septembre 2023, les inspecteurs du travail ont débarqué dans ses champs. Jean, visiblement agacé, s'est retrouvé pris la main dans le sac. Même si une coupeuse mécanique fait l'essentiel du boulot, il compte sur son fils et Simon pour les autres travaux. Face aux juges, il a présenté Simon comme un simple coup de main, payé en nourriture pour ses bêtes.
Jean cultive depuis 1984 mais ne sait ni lire ni écrire. Sa femme Marie gère les papiers et a évoqué ses galères avec l'informatique. « J'ai cherché de l'aide à la Chambre d'agriculture et au CCAS. Je m'excuse. Je viens de Maurice et j'ai peu étudié », a-t-elle dit au tribunal.
Le couple rembourse près de 400 euros par mois de cotisations à la Sécurité sociale sur une retraite d'à peine plus de 1.000 euros. Le procureur a rappelé que le travail au noir affaiblit notre système social, qui a besoin des cotisations pour tenir debout.
Le parquet a réclamé deux mois avec sursis et 1.000 euros d'amende pour ce couple sans casier. Me Farid Issé, leur avocat, a insisté sur leur précarité et leurs décennies de labeur.
Le tribunal a relaxé Marie. Jean a été déclaré coupable mais dispensé de peine, vu son échéancier de remboursement et sa maigre retraite.


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