Du 9 au 13 février, Alain di Crescenzo, président de CCI France, s'est rendu à La Réunion. Sa visite a débuté par le Pôle Formation du Chaudron, où il a rencontré les acteurs économiques et les parlementaires. Le timing n'est pas anodin : des décisions budgétaires déterminantes pour 2026 et 2027 approchent, et les entreprises ultramarines attendent des réponses.
Pierrick Robert, président de la CCI de La Réunion, a précisé qu'Alain di Crescenzo était déjà venu dans l'île ces deux dernières années. L'objectif reste le même : recueillir les préoccupations des entrepreneurs réunionnais pour les porter à Paris. « Ces arbitrages de 2026 vont peser sur tout le monde ultramarin », a-t-il insisté.
Alain di Crescenzo n'a pas mâché ses mots : « Mesdames et messieurs, nos entreprises sont malades. » Le constat s'appuie sur une dégradation continue de la situation économique. Les PME enchaînent les défaillances record, leur compétitivité s'érode face à la concurrence internationale et au poids des normes.
Le président de CCI France a pointé les spécificités ultramarines : « Je me suis battu pour qu'il y ait une attention particulière sur les Outre-mer. » Défiscalisation, apprentissage, formation professionnelle : autant de dossiers sensibles. Sans soutien renforcé aux entreprises, les conséquences pourraient être catastrophiques d'ici 2027, a-t-il prévenu.
Les parlementaires réunionnais partagent ces inquiétudes. Le député Perceval Gaillard a salué la démarche d'Alain di Crescenzo. Pour lui, il faut absolument tenir compte des réalités locales. Il plaide pour une meilleure intégration de La Réunion dans son environnement régional, histoire de moins dépendre de l'Hexagone et de l'Europe. Au passage, il dénonce des décisions nationales prises sans véritable concertation.
Le conseiller régional Pascal Plante défend les outils spécifiques aux économies ultramarines, comme l'octroi de mer. Il s'inquiète aussi du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), qu'il juge néfaste pour l'économie locale.
De son côté, le député Joseph Rivière pointe le coût du travail à La Réunion. Il réclame une réflexion sur la formation des prix et l'accès à l'emploi pour les Réunionnais. Sa priorité : protéger le marché local.
Alain di Crescenzo a promis de transmettre ces messages au niveau national. Sa méthode tient en trois mots : « écouter, prioriser et simplifier ». Il prépare des propositions pour le gouvernement, espérant peser sur les débats à venir. L'équilibre économique de La Réunion vacille, et le temps presse.


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