La question de l'assurance des coureurs lors des compétitions sportives revient au premier plan après un arrêt de la Cour de cassation rendu en janvier 2026. Cette décision casse partiellement un arrêt de la cour d'appel d'Aix-en-Provence dans l'affaire d'une participante blessée lors du Grand Raid, la fameuse Diagonale des fous. La haute juridiction rappelle que les organisateurs de manifestations sportives doivent informer les coureurs sur les assurances souscrites, pour qu'ils puissent évaluer le besoin d'une couverture personnelle.
L'affaire remonte à l'édition 2012 de la Diagonale des fous. Une concurrente avait chuté dans une descente en escalier, en pleine nuit, sur un passage glissant. Elle a assigné l'organisateur en justice, invoquant un manquement à ses obligations de sécurité et d'information, notamment sur les assurances proposées aux coureurs.
En avril 2024, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait écarté la responsabilité de l'organisateur. Les juges estimaient que le risque de chute faisait partie intégrante d'une épreuve de 166 km en terrain escarpé, d'autant plus par temps de pluie. Ils avaient aussi considéré que le passage de l'accident ne présentait pas de danger anormal.
Mais la Cour de cassation a partiellement cassé cette décision en janvier 2026. Elle rappelle que les organisateurs doivent informer clairement les participants sur l'étendue de l'assurance souscrite, conformément à l'article 1147 ancien du code civil. Cela permet aux coureurs d'évaluer la nécessité de souscrire une assurance personnelle pour couvrir leurs dommages corporels.
Cette décision ne dit pas que l'organisateur est responsable de l'accident, mais elle pointe l'importance d'une communication claire sur l'assurance. L'affaire repart devant la cour d'appel de Montpellier pour déterminer si l'information donnée aux coureurs était suffisante et quel préjudice pourrait en découler, notamment en matière de perte de chance de s'assurer.
Pour les organisateurs d'événements sportifs, cette décision montre que souscrire une assurance ne suffit pas. Il faut expliquer clairement les garanties qu'elle couvre, surtout dans des compétitions d'endurance où le risque d'accident reste élevé. À La Réunion, où l'ultra-trail est devenu un événement majeur, l'information sur les garanties d'assurance pourrait devenir un enjeu juridique clé, distinct des seules considérations de sécurité du parcours.


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