Ce jeudi 29 janvier, à Saint-Denis, des travailleurs sociaux ont interrompu leurs activités pour demander une reconnaissance salariale et statutaire. Exclus du Ségur de la santé et de la prime de 183 euros, ils dénoncent une inégalité qui perdure et un mépris institutionnel.
Rassemblés devant la préfecture, des dizaines de travailleurs sociaux ont quitté leurs bureaux pour exprimer une colère longtemps retenue. Éducateurs spécialisés, assistants sociaux et conseillers en économie sociale et familiale ont fait entendre leur voix. Ils se disent oubliés dans les ajustements salariaux post-Ségur de la santé. Une phrase a particulièrement marqué : « Parfois on gagne moins que les personnes qu'on accompagne. »
L'injustice ressentie est évidente. Ces professionnels dénoncent l'exclusion de la prime de 183 euros nets, attribuée à de nombreux agents du secteur sanitaire et social. En première ligne face à la précarité, ils ne comprennent pas pourquoi leur engagement n'est pas valorisé. Ludovic Tibère, représentant syndical Force ouvrière des organismes sociaux à La Réunion, dit : « Nous sommes en première ligne depuis des années et pourtant nous sommes traités comme des agents de seconde zone. »
Les revendications vont au-delà de la simple rémunération. Les travailleurs sociaux demandent également une reconnaissance de leurs diplômes et qualifications. La grille de classification actuelle ne reflète pas, selon eux, le niveau d'étude et de responsabilité requis pour leurs missions. Une syndicaliste ajoute : « Nos diplômes sont reconnus partout sauf là où nous exerçons. » Cette absence de reconnaissance crée une frustration profonde, avec un écart moyen de 500 euros nets par mois, pouvant atteindre 1 000 euros en fin de carrière, par rapport à leurs collègues d'autres secteurs.
Le rejet par les chambres parlementaires, début janvier, d'une proposition de loi visant à revaloriser les métiers du social a déclenché cette mobilisation. À La Réunion, comme en métropole, syndicats et collectifs refusent des situations salariales qu'ils jugent indignes. Les spécificités locales, comme les ressources limitées et la fragilité sociale, aggravent les conséquences du mal-être professionnel. Ludovic Tibère prévient : « Quand on méprise le social, c'est toute la société réunionnaise qui se fissure. »


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !