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Saint-Denis et la Région défendent le drapeau palestinien

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Saint-Denis et la Région défendent le drapeau palestinien

Pour la Région et Saint-Denis, le drapeau de la Palestine n’est pas plus politique que celui de l’Ukraine


Le 22 décembre, plusieurs collectivités réunionnaises ont hissé le drapeau palestinien après qu'Emmanuel Macron a reconnu l'État palestinien. Le préfet de La Réunion a contesté cette décision et engagé des procédures judiciaires. Saint-Denis et la Région défendent leur droit d'exprimer leur solidarité avec la Palestine.

Le 29 janvier, au tribunal administratif de La Réunion, les deux collectivités ont fait valoir qu'aucune disposition légale n'interdit l'affichage du drapeau palestinien. Elles rappellent que des drapeaux ukrainiens ont flotté par le passé sans poser de problème.

Le 22 septembre 2025, Emmanuel Macron a reconnu officiellement l'État de la Palestine à l'ONU. Ce geste a été accueilli à La Réunion par le pavoisement de drapeaux palestiniens dans plusieurs villes : Saint-Paul, Sainte-Suzanne et Saint-Denis.

Le préfet a pourtant ordonné le retrait des drapeaux, en s'appuyant sur une circulaire du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. Le Conseil d'État a confirmé cette décision, malgré la contestation de la Région.

À l'audience, le rapporteur public a abordé la question de la neutralité des services publics. Le risque de trouble à l'ordre public a été écarté. Le représentant de la préfecture a estimé que les contextes géopolitiques des deux pays diffèrent, en citant une décision du tribunal administratif de Versailles.

Me Éric Dugoujon, avocat de la Région, a contesté cette distinction. Selon lui, les circonstances du pavoisement palestinien ressemblent à celles du drapeau ukrainien. L'affichage ne contredit pas la position officielle française, a-t-il plaidé.

Me Younous Karjania, qui représente l'Association pour la justice au Proche-Orient, a rappelé que la Région avait délibéré pour soutenir la Palestine. L'argument d'incompétence de la préfecture ne tient donc pas, selon lui.

L'avocat de Saint-Denis a affirmé que le principe de solidarité envers la Palestine, reconnu par la France, équivaut à celui appliqué pour l'Ukraine. Il a insisté sur l'absence de connotation religieuse ou politique dans cette affaire.

Le tribunal rendra sa décision dans trois semaines. Compte tenu des conclusions du rapporteur public, l'issue des recours de Saint-Denis et de la Région reste incertaine.

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