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Grève des médecins à La Réunion : perte de revenus et revendications

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Grève des médecins à La Réunion : perte de revenus et revendications

Les médecins libéraux de La Réunion ont entamé ce lundi leur première journée de grève, avec une manifestation prévue à Paris le 10 janvier. Ce mouvement, soutenu par tous les syndicats de l'île, s'oppose aux mesures du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, que les praticiens jugent préjudiciables pour leurs revenus et le système de santé.

« On pourrait penser que les médecins demandent plus d'argent, mais ce n'est pas le cas », explique le Dr Romain Kohlmann, président de l'Union française pour une médecine libre à La Réunion. Ce radiologue, dont le tarif de consultation reste bloqué à 23 euros depuis 2003, rappelle que l'inflation de 40 % a rongé sa rémunération. « Pour ce tarif, je ne peux accorder que cinq minutes. Je dois couvrir mes charges et payer mes secrétaires, comme tout chef d'entreprise », détaille-t-il.

L'exemple qu'il donne parle de lui-même : l'État ne rembourse que 170 euros pour une appendicectomie, une opération pourtant vitale.

Les syndicats, dont l'Union française pour une médecine libre, maintiennent la grève jusqu'au 15 janvier. Ils réclament l'abrogation de plusieurs articles controversés du projet de loi.

« Nous ne demandons pas une augmentation tarifaire, mais le respect des tarifs convenus durant la convention. Nous voulons empêcher le directeur de l'Assurance maladie d'ajuster les tarifs en fonction du déficit », précise le Dr Kohlmann. Il dénonce une disposition du projet de loi qui pourrait modifier les tarifs conventionnés.

Le radiologue a déjà subi une perte de 15 % de son chiffre d'affaires, frappé par la baisse des tarifs des actes d'imagerie. « Tous les actes de radiologie ont chuté de 15 %. L'imagerie, c'est mon quotidien », rappelle-t-il.

Autre point de friction : la mise sous objectif (MSO) des arrêts maladie. Cette procédure de l'Assurance maladie vise à réduire le nombre d'arrêts de travail accordés par les médecins. « C'est une perte d'indépendance pour les médecins », s'insurge le Dr Kohlmann, qui conteste la légitimité de l'Assurance maladie à dicter des décisions médicales.

Pour lui, la MSO impose des quotas d'arrêts maladie aux médecins, les empêchant de prescrire des arrêts à leurs patients lorsque cela s'avère nécessaire.

« Le gouvernement avait l'opportunité de nous écouter. La grève est le résultat de l'échec des négociations, c'est regrettable », conclut le Dr Kohlmann. Il n'exclut pas une prolongation du mouvement en cas de refus du gouvernement.

Contactée, l'Agence régionale de santé de La Réunion ne dispose pas de données chiffrées sur la participation des médecins à la grève, le statut libéral ne permettant pas de suivre les grévistes. Pour assurer la continuité des soins, des réquisitions ciblées ont été mises en place, touchant principalement certaines cliniques pour des activités spécifiques, comme la maternité de la Clinique Sainte-Clotilde et les médecins impliqués dans la régulation des appels au Samu.

Mots clés : Freelance

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