Le Conseil d'État a annulé une décision du tribunal administratif de La Réunion concernant le projet de lotissement Camp Cerceau, porté par Jean-Marie Virapoullé, conseiller municipal d'opposition. Cette décision illustre la confrontation entre la mairie de Saint-André, dirigée par Joé Bédier, et la société Camp Cerceau, actuellement dans l'impasse.
En décembre dernier, le Conseil d'État a invalidé l'ordonnance du tribunal administratif du 15 janvier 2025. Cet arrêt avait suspendu le sursis à statuer émis par Joé Bédier concernant une demande de permis d'aménager pour un lotissement de 44 lots sur plus de 27 000 m² au chemin de Champ Borne.
Le conflit a commencé après une décision municipale du 17 octobre 2024, qui a suspendu l'examen du dossier. La mairie invoquait alors une révision en cours du Plan local d'urbanisme (PLU) sur le secteur concerné. Selon elle, le projet risquait de compromettre l'exécution future du plan d'aménagement. Jean-Marie Virapoullé a alors saisi la justice administrative.
En janvier 2025, le tribunal administratif avait donné raison à Virapoullé. Il estimait que la décision de la mairie manquait de fondement et nuisait à l'économie du pétitionnaire, qui avait déjà investi plus de 63 000 euros. Le tribunal avait ordonné à la commune de réexaminer le dossier dans un délai d'un mois.
La mairie a ensuite formé un pourvoi devant le Conseil d'État, contestation qui a finalement été jugée recevable. La haute juridiction a estimé que la société Camp Cerceau n'avait pas prouvé l'existence d'une situation d'urgence justifiant une intervention judiciaire. Le Conseil d'État a donc annulé l'ordonnance et a condamné Camp Cerceau à verser 3 000 euros de frais de justice à la commune.
Pour Joé Bédier, cette décision renforce la légitimité de sa démarche : « La révision du PLU est essentielle pour transformer durablement notre commune et préparer l'avenir. La décision du Conseil d'État confirme la solidité de notre approche, respectueuse du droit et des procédures. »
Jean-Marie Virapoullé adopte un ton critique et rappelle que le dossier est loin d'être clos : « Bien que le Conseil d'État n'ait pas reconnu l'urgence, cela ne change rien au fond du dossier. La révision du PLU, utilisée par la mairie pour déclasser mon terrain, a été rejetée par l'État. Je suis serein, car rien n'empêche le dépôt d'un nouveau permis d'aménager. »
Cette décision du Conseil d'État constitue un succès pour la municipalité de Saint-André, mais le débat sur le projet Camp Cerceau est loin d'être terminé. À l'approche des élections municipales de 2026, les tensions politiques autour de ce dossier pourraient encore s'intensifier.


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