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La Cirest intègre la ZFANG renforcée avec 80 % d'abattement fiscal

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La Cirest intègre la ZFANG renforcée avec 80 % d'abattement fiscal

Jusqu'à 80 % d'abattement sur les bénéfices : ce que la ZFANG renforcée change pour les entreprises de l'Est - Crédit Zinfos974 - Société


Depuis le décret du 29 mai, les six communes de la Cirest sont intégrées au dispositif de Zone franche d'activité nouvelle génération renforcée (ZFANG). Le taux d'abattement sur les bénéfices passe à 80 %, contre 50 % dans le régime classique. Ce mercredi, la Direction régionale des finances publiques (DRFiP) a présenté les modalités concrètes du dispositif aux chefs d'entreprise réunis dans la salle du conseil communautaire de la Cirest, en présence des maires de Saint-André, Saint-Benoît et Salazie.

Les communes concernées sont Saint-André, Saint-Benoît, Bras-Panon, Sainte-Rose, Salazie et La Plaine-des-Palmistes. Pour en bénéficier, une entreprise doit employer moins de 250 salariés, réaliser un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros hors taxes, et exercer une activité principale éligible avec une implantation physique dans l'une de ces communes. La simple domiciliation ne suffit pas : l'administration vérifiera la présence effective de moyens humains et matériels sur place.

L'abattement sur les bénéfices, applicable à l'impôt sur le revenu comme à l'impôt sur les sociétés, est plafonné à 300 000 euros par période de douze mois, contre 150 000 euros dans le régime normal. La cotisation foncière des entreprises (CFE) peut être abattue à 100 %, sous réserve des délibérations des collectivités — pour 2026, aucune commune ne s'y est opposée. La taxe foncière sur les propriétés bâties bénéficie quant à elle d'un abattement porté à 80 %. Le dispositif court jusqu'aux exercices 2029 pour les bénéfices, et jusqu'en 2030 pour les impôts locaux.

Toutes les activités ne sont pas éligibles. Les secteurs commerciaux, industriels, artisanaux et agricoles entrent dans le périmètre, mais une grande partie des professions libérales, du conseil, de la comptabilité et de certains commerces en restent exclus. Des exceptions existent : les restaurants titulaires du label Maître Restaurateur ou classés tourisme, ainsi que les activités de véhicules sanitaires légers hors ambulances. Certains secteurs déjà prioritaires avant le décret — recherche-développement, tourisme, numérique, énergies renouvelables, BTP — affichaient déjà un abattement à 80 % sur les bénéfices : le renforcement de la ZFANG ne modifie pas leur taux, mais confirme la pérennité du dispositif.

Le sous-préfet de Saint-Benoît, Fabrice Bonicel, a mis en avant la portée du texte : « Ce dispositif est vraiment déterminant, car il vient reconnaître officiellement le déséquilibre économique que subit la micro-région Est. C'est la première fois que les textes fiscaux reconnaissent cette situation à partir de critères objectifs comme le taux de pauvreté ou le chômage. » Le président de la Cirest, Joé Bédier, a pour sa part qualifié le dispositif de « première brique d'une stratégie beaucoup plus large ».

Pierre-Jacques Surjus, président du Club économique bénédictin et dirigeant de Bourbon Composites, a tempéré les attentes : « Cette évolution de la ZFANG ne transformera pas l'Est en paradis fiscal. Les commerçants, de nombreuses professions libérales et une grande partie des micro-entrepreneurs restent en dehors du dispositif. » Il identifie les transports, l'entreposage et certaines activités de services comme les principaux bénéficiaires, et juge qu'une réponse durable supposera une stratégie combinant fiscalité, foncier, commandes publiques et accompagnement des entreprises. La DRFiP, interrogée sur l'impact attendu, reconnaît qu'il est trop tôt pour en mesurer les effets, tout en rappelant l'objectif d'attirer de nouveaux investisseurs. « Ce n'est pas seulement un dispositif pour les entreprises déjà installées. Il doit aussi renforcer l'attractivité de l'Est et encourager de nouvelles implantations », a déclaré Julie Thuris, inspectrice divisionnaire des Finances publiques à La Réunion.

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9 commentaires

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K
Karambole 09/07/2026 à 13:21

Maraîcher bio, ça rentre dans le périmètre agricole, mais j'attends de voir si l'administration va vraiment considérer une petite exploitation de Sainte-Suzanne comme éligible en pratique. Sur le papier c'est encourageant, dans les faits i fo prouver qu'on a des moyens humains et matériels en place, comme si mes rangs de letchi et mon bassin de récupération d'eau de pluie suffisaient pas à prouver que j'existe. Ce qui manque dans tout ce dispositif, c'est une attention particulière à l'agriculture de proximité, celle qui nourrit les marchés forains du week-end, pas les grands groupes d'importation.

B
Bichik 09/07/2026 à 12:36

C'est la première fois que la loi reconnaît officiellement que l'Est souffre plus que le reste. Ça, c'est pas rien, même si les effets mettront du temps à venir.

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Mamie Câline 09/07/2026 à 12:24

@Pti-Louis, vous avez tout dit, mon ami. Moi c'est pareil à Cilaos, mon petit gîte de famille, mes chambres avec vue sur les remparts, ça rentre dans aucune case de ces dispositifs-là. Je comprends bien que l'Est a besoin d'aide, sincèrement, les gens de là-bas méritent mieux. Mais on dirait que les hauts, on y pense toujours en dernier. Mes petits-enfants ils grandissent ici et je me demande parfois si un jour quelqu'un pensera à écrire un décret pour nous aussi.

T
Thierry Lebon 09/07/2026 à 11:34

L'article mentionne que la CFE peut être abattue à 100 % sous réserve des délibérations des collectivités, ce qui est exact, mais il faut préciser que cet abattement ne s'applique qu'aux bases imposables et non aux frais de gestion perçus par l'État, qui restent dus. C'est un détail que beaucoup de chefs d'entreprise découvrent tardivement lors de leur déclaration. Il serait utile que la DRFiP le rappelle explicitement lors de ses prochaines réunions d'information, pour éviter les mauvaises surprises.

Y
Yannick P 09/07/2026 à 11:14

Surjus a raison de citer les transports et l'entreposage. C'est exactement ce dont l'Est a besoin pour se connecter au reste de l'océan Indien. Un entrepôt bien placé à Saint-Benoît, avec une route vers le port de Sainte-Marie, ça change le calcul pour un opérateur qui hésite entre La Réunion et Maurice pour centraliser sa distribution vers Madagascar ou les Comores. La vraie question c'est si les collectivités vont suivre avec du foncier disponible, parce qu'un abattement fiscal sans terrain accessible ça reste du vent.

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Kelly 09/07/2026 à 10:19

La question que je me pose côté RH, c'est l'effet concret sur les recrutements dans l'Est. Si une PME industrielle décide de s'implanter à Saint-Benoît pour profiter du dispositif, est-ce qu'elle cherchera des profils locaux ou elle fera venir ses équipes ? Le texte parle d'attractivité, mais attirer des entreprises ne suffit pas si derrière il n'y a pas un vrai vivier de compétences à mobiliser sur place.

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Tonton Bébert 09/07/2026 à 10:12

Les transports et l'entreposage sont cités comme principaux bénéficiaires. Très bien. Mais qui travaille dans ces entrepôts ? Des salariés au SMIC pour la plupart. L'abattement fiscal il rentre dans la poche du patron, pas dans celle du magasinier. Surjus a au moins l'honnêteté de dire que ça ne transformera pas l'Est en paradis, mais faudrait aussi rappeler que la fiscalité allégée sans obligation en matière d'emploi ou de salaires, c'est une vieille recette qu'on connaît bien depuis le temps.

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Pti-Louis 09/07/2026 à 10:06

Mon gîte lé pa éligible j'imagine, trop petit, trop simple. On nous parle de stratégie, de briques, de dispositifs. La mer, elle, elle change pas.

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Hugo Saline les bains 09/07/2026 à 10:03

Ce genre de dispositif me rappelle ce que l'État avait mis en place pour certaines zones rurales en Bretagne, avec des abattements fiscaux pour attirer des entreprises tech et industrielles. La différence ici, c'est que le critère de présence physique effective est vraiment bien pensé, ça évite les coquilles vides qu'on a vues ailleurs. Ce qui m'intéresse, c'est de savoir si le dispositif sera accompagné d'une offre foncière réelle dans l'Est, parce que sans ça, les investisseurs potentiels vont buter sur le même mur qu'ailleurs.