Pour la deuxième journée consécutive, les États-Unis ont frappé des cibles militaires en Iran ce lundi, dans une escalade qui fait peser des risques directs sur les routes d'approvisionnement énergétique mondial. Washington affirme avoir visé « des dizaines de cibles » pour réduire les capacités militaires iraniennes dans le détroit d'Ormuz.
Les opérations ont débuté peu après minuit, heure locale. Selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les frappes ont touché des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités liées aux missiles et aux drones, ainsi que des embarcations iraniennes. Le Centcom assure que la circulation maritime dans le détroit se poursuit.
À Mahchahr, dans le sud-ouest de l'Iran, une frappe a fait au moins un mort et quatre blessés, selon un responsable local cité par l'agence officielle Irna. La veille, une attaque sur l'île de Farur avait déjà causé un mort et deux blessés.
Washington justifie ses opérations par la nécessité de protéger les navires commerciaux dans cette voie maritime. Les États-Unis accusent l'Iran d'avoir attaqué durant le week-end le porte-conteneurs GFS Galaxy, battant pavillon chypriote. Vingt-trois membres d'équipage ont été secourus par Oman ; une personne reste portée disparue.
Téhéran a riposté. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé plusieurs installations militaires américaines en Jordanie, au Bahreïn et au Koweït. Selon Irna, les bases aériennes Prince Hassan en Jordanie, Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber au Koweït, ainsi qu'un centre américain de commandement de drones à Bahreïn, auraient été visés. L'Iran accuse par ailleurs Washington d'avoir compromis les négociations diplomatiques engagées ces derniers mois.
L'annonce par Téhéran d'une fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement près d'un cinquième du pétrole mondial, a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. Le baril de Brent a progressé de plus de 4 % lundi matin, à 79,06 dollars. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé les deux parties à faire preuve de « la plus grande retenue » et à reprendre rapidement les négociations.


9 commentaires
@Lastron-Leïla, je comprends votre remarque, mais je pense que l'article a toute sa place ici. Quand on sait que près de 40 % des importations réunionnaises transitent par des routes maritimes dépendantes du prix du baril, l'impact sur nos entrepreneurs locaux est direct et documenté. Il y a un excellent travail de l'INSEE sur la vulnérabilité des économies insulaires aux chocs extérieurs, qui montre exactement ce mécanisme de transmission. Ce qui se passe dans le détroit d'Ormuz n'est pas une actualité lointaine, c'est une variable concrète pour n'importe quel chef d'entreprise qui gère des coûts logistiques ici.
@Bichik, wi, un cinquième. Et c'est pas qu'un chiffre, c'est des millions de familles qui dépendent de ce qui passe par là. Moi j'ai passé des années à lire le vent et les courants pour savoir si on rentrait avec quelque chose ou pas. Les hommes de mer comprennent ça mieux que les marchés, que quand une route se ferme, y'a pas de raccourci qui apparaît par magie.
La mer elle s'en fiche des frontières, des frappes et des barils. Mais nous on s'en fiche pas. Quand les coûts montent, les touristes restent chez eux, et le gîte reste vide. J'ai connu ça.
@Mamie Câline, tu as tout à fait raison ma chère. À Cilaos ou au Tampon c'est pareil, quand les prix montent là-bas, ça monte ici aussi, sans exception. Moi j'ai connu des périodes où on comptait chaque litre de gaz, et franchement avec tout ce qui se passe dans ce monde, j'ai bien peur qu'on y revienne. Ce qui me chagrine le plus c'est qu'on parle de bombes, de morts, de bateaux perdus, et les chefs d'État s'écoutent pas, l'ONU appelle à la retenue mais personne retient rien.
Je comprends pas trop le lien avec entrepreneur.re là, on est quand même sur un média dédié aux boîtes réunionnaises. Cela dit, si l'angle c'est l'impact sur les coûts d'import pour nos entrepreneurs locaux, ça aurait mérité d'être développé dans l'article.
Ce qui me choque c'est la vitesse du truc : frappes la nuit, riposte le lendemain matin, marchés qui réagissent dans la foulée. Le monde en 2025 lé pa fasil, tout s'enchaîne trop vite pour que les diplomates aient le temps de faire quoi que ce soit.
Le Brent qui grimpe de 4 % en une matinée, ça va se retrouver direct sur les billets d'avion et les prix du carburant pour les bateaux de plongée. Les touristes vont réfléchir à deux fois avant de traverser douze heures de vol si ça coûte encore plus cher. C'est toujours nous les petits qui morfle en dernier, mais les premiers à souffrir.
Un cinquième du pétrole mondial qui passe par ce détroit. C'est vertigineux comme chiffre.
Quand on entend parler de pétrole et de bateaux bloqués, on pense pas forcément à nos petites vies dans les hauts, et pourtant. La dernière fois que le prix du gaz avait flambé, même ici à Cilaos on l'avait senti passer, les clients du gîte qui hésitaient à venir, les coûts qui montaient. On oublie parfois que ce qui se passe à l'autre bout du monde finit toujours par arriver jusqu'à nous, même dans notre cirque.