La 21e édition de la Fête du Choca a été inaugurée vendredi 17 juillet à l'Entre-Deux par la maire Camille Clain, en présence d'élus du Sud, dont Alexis Chaussalet, maire du Tampon et président de la Casud, et Serge Hoareau, vice-président du Département et maire de Petite-Île. La manifestation se poursuit jusqu'au 19 juillet.
Première édition organisée sous la mandature de Camille Clain, la fête affiche clairement une orientation vers le terroir et les savoir-faire locaux. Dans son discours, la maire a fixé trois objectifs : « redonner du sens à cette fête du terroir », « remettre de l'authenticité au cœur de la fête » et « mettre en lumière les talents des Hauts ». À la clé, 53 % des exposants sélectionnés proposent des créations entièrement faites main, une proportion qui reflète la volonté de la municipalité d'offrir, selon ses propres mots, « une fête plus authentique, plus exigeante et qui fasse rayonner notre identité », « sans jamais lui faire perdre son âme ».
Camille Clain a également rendu hommage à Mme Joseph, figure de la commune âgée de plus de 80 ans, qui prend sa retraite après avoir longtemps tenu la boutique chinoise à l'entrée de l'Entre-Deux. La maire l'a qualifiée de « patrimoine vivant » de la commune.
Alexis Chaussalet a rappelé que la fête illustrait concrètement la transition écologique en remettant au goût du jour les savoir-faire lontan, et que c'est dans cet esprit que la Ville du Tampon apporte son soutien logistique à l'événement. Serge Hoareau a quant à lui insisté sur le rôle agricole de l'Entre-Deux, une commune qui, selon lui, « fait partie de ces communes du Sud qui viennent nourrir les Réunionnais ».
La représentante de l'Office de Tourisme Intercommunal du Sud a clos les prises de parole en évoquant l'attractivité patrimoniale de la commune. Elle a rappelé que l'Entre-Deux abrite la deuxième Kaz Tourist' la plus fréquentée de La Réunion, derrière celle de Saint-Gilles.


9 commentaires
@Lulu, tu touches quelque chose de vrai avec Mme Joseph. Moi j'ai ma boutique à Saint-Louis depuis douze ans et je vois les fermetures autour de moi. Ces petits commerces de village qu'on appelle 'la boutique chinoise', c'est souvent des familles entières qui ont construit leur vie là-dedans. Quand ça ferme, le quartier perd quelque chose qu'on sait même pas quantifier. C'est bien que la maire ait pris le temps de la mentionner publiquement.
Franchement je suis pas trop le public cible de ce genre d'event mais le côté 'sélection sur critères' ça m'intéresse. C'est quoi leur process exactement, y'a un formulaire, un jury ? Parce que 53% de fait main c'est un chiffre sorti d'où, comment ils ont validé ça ?
@Vavangue, tu soulèves exactement le bon point. 53% c'est une belle communication mais sans critères de sélection publiés, c'est invérifiable. Est-ce qu'il y a une charte exposant accessible quelque part, ou c'est juste le discours inaugural qui le dit ?
L'Entre-Deux est l'un des rares villages de La Réunion à avoir conservé une trame urbaine cohérente, avec ses cases créoles alignées et ses ruelles à l'échelle humaine. Ce type d'événement ancré dans le patrimoine bâti et vivant, c'est ce qui protège le tissu villageois mieux que n'importe quel PLU mal ficelé. La mention de Mme Joseph comme "patrimoine vivant" est juste, mais j'espère que la commune sera aussi vigilante sur la question des devantures et des enseignes si l'attractivité touristique venait à trop pousser. On a vu ce que ça donne à Saint-Gilles ou Cilaos quand la fréquentation monte sans encadrement esthétique sérieux.
J'ai fait plusieurs courses vers l'Entre-Deux ce week-end, les gens dans le taxi parlaient de la fête, certains contents, d'autres qui râlaient sur le parking. Un monsieur m'a dit qu'il avait fait demi-tour tellement c'était galère pour se garer. C'est souvent le problème avec ces événements dans les Hauts, le village n'est pas fait pour autant de voitures d'un coup. Alexis Chaussalet a parlé de soutien logistique du Tampon, j'espère que ça inclut un peu de réflexion sur l'accès, parce que là on perd des visiteurs avant même qu'ils entrent.
Remettre de l'authenticité au coeur d'un événement, c'est exactement le type de repositionnement qui fait du bien. On sent une vraie intention derrière les mots de la maire.
53% d'exposants en fait main, c'est un cap intéressant mais j'aimerais savoir combien parmi eux sont vraiment en circuit court, avec des matières premières locales, pas juste de l'assemblage d'articles importés. Parce que faire main ne veut pas toujours dire fait avec le péi. J'expose dans ce type de fête depuis des années et on voit encore des stands qui jouent sur l'image terroir sans vraiment l'incarner. La sélection est plus exigeante cette année ? Quelqu'un sait sur quels critères ?
Mme Joseph qui prend sa retraite, ça m'a touché en lisant ça. La boutique chinoise à l'entrée du village, c'est un repère pour tout le monde qui passe par l'Entre-Deux. Ces petits commerces-là, lé pa fasil de les remplacer une fois qu'ils ferment. Contente que la mairie lui ait rendu hommage publiquement, c'est rare et c'est mérité.
Le choca, c'est une fibre qui a ses lettres de noblesse dans toute la zone océan Indien. On en parle peu mais les Malgaches et les Mauriciens connaissent bien ce savoir-faire. Ce qui m'intéresse c'est de voir si la commune pousse vers une valorisation à l'export un jour, parce que là on est encore sur du local consommé local. C'est bien, mais y'a un marché régional qui attend ce genre de produit artisanal authentique.