Donald Trump a annoncé l'annulation d'une vaste opération militaire préparée contre l'Iran, en invoquant la perspective d'un accord rapide avec Téhéran. La décision survient après plusieurs semaines de montée des tensions entre les deux pays.
D'après le Wall Street Journal, le commandement américain pour le Moyen-Orient avait planifié une offensive aérienne intensive de dix à quatorze jours, ciblant les capacités balistiques iraniennes. Vendredi 31 juillet, l'administration avait prévenu qu'une nouvelle vague de frappes pourrait être lancée dès le week-end. Le même jour, lors d'une réunion de cabinet à Camp David, Trump avait déclaré que les États-Unis allaient frapper très fort.
Le revirement est intervenu après un appel téléphonique du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, samedi, selon Axios. Celui-ci aurait mis en garde Trump contre le risque que des frappes massives sur les infrastructures énergétiques iraniennes ne déclenchent des représailles contre l'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Israël.
Sur son réseau social Truth Social, Trump a affirmé que les États-Unis étaient prêts à intervenir à des niveaux de puissance militaire inédits depuis la Seconde Guerre mondiale, avant d'annoncer avoir accepté, « à la demande de l'Iran et d'autres pays du Golfe », de suspendre l'attaque. Il a précisé qu'Israël se ralliait à cet engagement.
L'accord envisagé prévoirait, selon CNN, la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz et la fin de la menace nucléaire iranienne. Washington n'a pas précisé de calendrier pour la conclusion d'un tel texte.
Un premier accord, annoncé par Trump le 11 juin puis officialisé le 14 juin, avait déjà prévu la fin des hostilités et la réouverture du détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus naval américain. Ce cadre avait tenu moins d'un mois : dans la nuit du 8 au 9 juillet, les frappes américaines avaient repris, visant selon l'armée une centaine de cibles en Iran, après des attaques iraniennes contre des navires marchands. Le 17 juillet, l'Iran avait frappé une base américaine en Jordanie.


6 commentaires
@Mamie Câline, vous avez raison, le Gulf War on s'en souvient. Ce genre de crise revient comme un cycle qu'on n'arrive pas à briser.
Un accord qui tient moins d'un mois et on recommence depuis le début. Dans les affaires, si un contrat s'effondre en trois semaines, on relit tout avant de re-signer.
Ce qui est frappant dans cet article, c'est le rôle central joué par Mohammed ben Salmane dans le revirement de Trump. Cela rappelle les analyses de Gilles Kepel sur les équilibres de pouvoir dans le Golfe, où les monarchies du Golfe ont souvent servi d'amortisseurs dans les crises entre Washington et Téhéran. Le fait qu'un appel téléphonique d'un prince héritier suffise à annuler une offensive de quatorze jours planifiée dit beaucoup sur la nature réelle de la décision américaine. Ce n'est pas de la stratégie diplomatique, c'est de la gestion de l'instant. Et le précédent de juin montre que ça tient rarement.
On est bien loin de tout ça ici dans le cirque, et pourtant on entend les nouvelles à la radio le soir. Je me souviens du Gulf War, les gens avaient peur pour le carburant, pour les prix. Les années passent et on se retrouve au même endroit. J'espère que ces hommes trouveront vraiment la paix cette fois, pour les familles là-bas surtout.
Le détroit d'Ormuz fermé ça fait flamber le pétrole, le pétrole flambe et le plastique aussi. On paie déjà nos combinaisons de surf une fortune, lé pa fasil pour les petites écoles comme la nôtre. Un vrai accord ça changerait quelque chose pour tout le monde.
Ce qui me pose problème c'est le manque de détails sur cet "accord" évoqué par CNN. On a déjà vécu ça mi-juin : annonce en grande pompe, accord officalisé, et deux semaines plus tard les frappes reprennent. Sur quelle base concrète Trump affirme cette fois que ça tiendra ? Aucune source ne donne de calendrier, aucun mécanisme de vérification n'est mentionné. On est sur de la communication pure, pas sur de la diplomatie.