La grève chez Derichebourg OI, déclenchée le 13 juillet, ne devrait pas se résoudre avant mercredi. Une réunion de négociation est fixée à 9 heures à la Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS), à Saint-Denis. En attendant, les salariés grévistes maintiennent le mouvement. La mobilisation reprendra dès le début de la semaine prochaine, après un week-end sans piquet de grève.
Le point de blocage reste la prime de reconnaissance. D'autres sujets ont trouvé un accord au fil des négociations, mais ce désaccord suffit à prolonger le conflit et les perturbations de collecte sur une partie du territoire de la CIVIS.
Pour limiter la gêne pour les habitants, la CIVIS a mandaté ce samedi le groupe Nicollin afin de participer aux tournées de ramassage. Ce prestataire rejoint deux entreprises déjà mobilisées dans ce cadre. Trois sociétés assurent donc désormais des collectes à la place de Derichebourg — les frais étant mis à la charge de l'opérateur, conformément aux dispositions du marché public activées la semaine dernière par l'intercommunalité.
La collecte des déchets restera perturbée dans les communes concernées au moins jusqu'à l'issue de la réunion de mercredi à la DEETS.


7 commentaires
@Anaëlle, oui en gros c'est ça. Dans beaucoup de marchés publics, les pénalités et frais de substitution sont répercutés sur le titulaire du contrat quand il ne peut pas assurer le service. Ça crée une pression financière réelle sur l'employeur, ce qui peut soit accélérer les négociations, soit les durcir selon comment la direction réagit. Ce qui me questionne ici, c'est surtout le fond : une prime de reconnaissance bloquée depuis combien de temps ? Ce genre de sujet traîne rarement du jour au lendemain, y'a souvent un historique de promesses non tenues qui explique que les gens finissent par déclencher une grève en plein été.
Nous dans les hauts on a nos propres galères avec les déchets, les camions montent pas toujours à heure fixe même sans grève. Mais je pense aux familles de Salazie qui ont des enfants en bas, dans les communes de la CIVIS, là c'est compliqué quand la collecte s'arrête plusieurs jours. On espère que mercredi ça se règle.
Ce type de conflit illustre bien la tension classique entre rentabilité des marchés publics et reconnaissance salariale dans les métiers de service considérés comme peu qualifiés, alors qu'ils sont essentiels au quotidien. Ce qui m'interpelle ici, c'est la rapidité avec laquelle la CIVIS a activé les clauses de substitution, ce qui suggère que ce dispositif était anticipé. Il serait intéressant de savoir si ces mécanismes contractuels sont systématiquement prévus dans les marchés de collecte à La Réunion, et si oui, depuis quand.
Trois sociétés mobilisées pour remplacer un seul opérateur en grève, lé pa fasil de gérer ça logistiquement pour la CIVIS. Ça donne une idée du poids réel de Derichebourg sur le territoire.
L'article ne dit pas à combien se monte cette prime de reconnaissance qui bloque tout. C'est quand même l'info centrale du conflit, non ? Difficile de se faire une opinion sans savoir si on parle de 50 euros par mois ou de 500.
Question peut-être basique mais je comprends pas bien : si les frais de Nicollin sont à la charge de Derichebourg, est-ce que ça veut dire que la grève coûte directement de l'argent à l'entreprise ? C'est une façon de mettre la pression sur eux pour négocier ?
Ramassage perturbé dans la CIVIS, ça veut dire les plages aussi. Quand les poubelles débordent près du littoral, c'est pas les grévistes qui vont ramasser les déchets qui finissent dans l'eau. J'espère que la réunion de mercredi avance vite.