Le blocage de l'usine de Bois-Rouge a été levé ce jeudi en fin de journée par l'UPNA et la CGPER, à l'issue d'une réunion technique du bureau du CPCS.
Le dénouement repose sur deux engagements pris par Tereos. D'une part, la transmission d'un fichier détaillant la situation individuelle de chaque planteur, croisant les données de livraisons avec les différentes aides perçues — document à finaliser d'ici la fin de la semaine. D'autre part, l'envoi d'un courrier récapitulatif à chaque planteur concerné avant tout début de prélèvement, lui-même décalé d'une semaine.
« On aura un chiffre, une situation définitive, en croisant toutes les données par planteur », a déclaré Florent Thibault, directeur agricole de Tereos et coprésident du CPCS pour le collège industriel. Il a précisé : « Ce que j'ai confirmé, c'est qu'on attendrait que les planteurs aient reçu ce courrier pour commencer les prélèvements. »
Le mouvement avait démarré mercredi matin. Les syndicats reprochaient à Tereos de ne pas avoir communiqué les montants exacts restant dus à chaque planteur au titre de la campagne précédente, avant d'engager des prélèvements. Jean-François Sababady, coprésident du CPCS pour le collège des planteurs, avait dénoncé un manque de transparence : « Le problème, c'est que ni dans le SMS ni dans le courrier nous n'avons le montant réel restant dû. Ce n'est pas normal de commencer une campagne 2026 sans savoir le montant réel dû à l'usinier. C'est un manque de respect par rapport à la parole donnée. »
Tereos avance une contrainte technique. Le calcul des sommes dues est lié au mécanisme défini en juillet 2025 pour amortir les trop-perçus accumulés à la suite des faibles richesses des campagnes précédentes et des effets du cyclone Garance. Selon Florent Thibault, seule la confrontation des paiements effectués avec les données propres à chaque planteur permet d'obtenir un montant fiable. L'industriel dit par ailleurs ne pas comprendre le recours au blocage, alors que la réunion du bureau du CPCS était déjà programmée ce jeudi. Il regrette aussi l'arrêt des livraisons par temps favorable, qui a alimenté les tensions entre planteurs dans la matinée.
Cet épisode réglé, le débat de fond reste entier. L'UPNA déplore que la convention canne, qui encadre les relations entre planteurs et industriels, ne puisse pas être renégociée avant son échéance en 2028.


5 commentaires
Ce qui me touche dans cette histoire, c'est l'image d'un planteur qui part livrer ses cannes le matin sans savoir combien on va lui retenir à la fin. C'est son travail, ses mois de sueur dans les champs, et il n'a pas le chiffre en face. Dans le péi-la on demande juste à être traités avec clarté, pas avec des promesses floues et des SMS sans montant.
Je me demande si la convention canne qui court jusqu'en 2028 bloque vraiment toute renegociation ou s'il y a des clauses de révision possibles dans l'intervalle. Quelqu'un sait comment ça fonctionne juridiquement ? Parce que si les conditions économiques changent autant avec les cyclones et les variations de richesse, attendre 2028 ça paraît long.
Honnêtement je comprends pas trop tous les détails de la canne et des trop-perçus, mais quand on bloque une usine entière pour un courrier qui n'est pas parti, ça dit long sur comment les choses sont gérées.
On est en pleine campagne, les cannes sont prêtes, et on perd des jours à cause d'un courrier qui n'avait pas été envoyé. Lé pa fasil de faire comprendre à une grande entreprise que le planteur a besoin de savoir ce qu'il doit avant qu'on lui prenne quelque chose dans sa poche. Dans ma coopérative on a ce réflexe depuis longtemps, un relevé clair avant tout prélèvement, c'est la base du respect.
Ce que je trouve intéressant, c'est que ce type de blocage industriel pour réclamer de la transparence sur les prélèvements, j'en avais vu un équivalent en Bretagne autour d'une laiterie coopérative, et la résolution avait aussi tenu à un simple document individuel envoyé à chaque producteur. Ce n'est pas une question de mauvaise volonté, c'est souvent un problème de process de communication qui n'a pas suivi la complexité des calculs. La question que je me pose ici, c'est si Tereos va profiter de ça pour digitaliser la relation avec les planteurs ou si on reste sur du courrier papier envoyé une fois par campagne.