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Blocage de Bois-Rouge : la FDSEA condamne l'action de l'UPNA et de la CGPER

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Blocage de Bois-Rouge : la FDSEA condamne l'action de l'UPNA et de la CGPER

Blocage de Bois-Rouge : la FDSEA dénonce une « prise en otage » des planteurs - Crédit Zinfos974 - Société


Ce mercredi matin, l'accès à l'usine de Bois-Rouge a été bloqué à l'appel de l'UPNA, rejointe par la CGPER. Le mouvement avait été annoncé la veille lors d'un rassemblement à Beaufonds, à Saint-Benoît. La FDSEA a répondu par un communiqué, condamnant le blocage et réclamant la réouverture immédiate du site.

L'UPNA et la CGPER exigent la communication des tableaux d'amortissement, qui permettraient aux planteurs de connaître leur situation financière à l'issue de la précédente campagne. Les deux organisations dénoncent aussi les faibles richesses enregistrées depuis le début de la coupe et réclament une révision du modèle de rémunération de la canne, avec l'instauration d'un prix plancher.

La FDSEA ne l'entend pas de cette oreille. Dans son communiqué, le syndicat condamne avec « la plus grande fermeté cette action irresponsable qui prend directement en otage les agriculteurs venus livrer le fruit de toute une année de dur labeur ». Il pointe aussi le caractère selon lui « isolé » du mouvement : si l'usine de Bois-Rouge et le centre de Ravine Glissante sont fermés, les plateformes de Beaufonds, Pente-Sassy et Sainte-Marie restent ouvertes. « Quel est le sens et l'impact d'une action syndicale à travers des actes aussi morcelés et isolés ? Cette stratégie illogique ne fait que pénaliser injustement certains planteurs plutôt que d'apporter une solution globale à la filière », écrit le syndicat.

La FDSEA conteste également la cohérence des revendications portées par les deux organisations. « Initialement centrées sur un tableau d'amortissement pour les charges, leurs revendications glissent désormais sur les plateformes vers la question des richesses ».

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10 commentaires

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Rafiki 22/07/2026 à 17:16

Quand je fais la rando de Bélouve ou que je longe les champs de canne vers Sainte-Rose avec des visiteurs, je leur parle souvent de la canne comme d'un paysage vivant, pas juste d'une culture. Mais derrière ces étendues qui font partie du péi, il y a des hommes et des femmes qui attendent de savoir ce qu'ils vont toucher. Ce blocage à Bois-Rouge, même si on en comprend les racines, ça rappelle que le patrimoine agricole réunionnais tient à des équilibres fragiles, financiers autant qu'humains.

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Nadine Saint-Louis 22/07/2026 à 16:19

Ça fait des années qu'on entend parler de la filière canne comme d'un pilier de l'économie réunionnaise, mais quand les planteurs eux-mêmes ne savent pas ce qu'ils vont toucher au bout d'une campagne, ça résonne. Moi avec mon commerce, j'attends le début du mois pour savoir si je passe le loyer ou pas, c'est une angoisse que je connais bien. Les clients qui rentrent ici en période de coupe, souvent des familles de planteurs, on voit la différence selon que la campagne a été bonne ou pas. Cette histoire de transparence sur les amortissements, c'est pas une lubie syndicale, c'est juste normal de vouloir comprendre ce qu'on gagne.

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Roselyne 22/07/2026 à 15:57

Ici dans les hauts, on suit ça de loin mais ça nous touche quand même. Nous aussi on connaît le sentiment d'arriver au bout d'une saison sans être sûr de ce qu'on va réellement toucher. Cette année avec les pluies tardives dans le cirque, les chouchous ont souffert, et i fo expliquer à la famille pourquoi le compte n'y est pas. Les planteurs de canne de Saint-Benoît, je les comprends.

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Marie-Hélène 22/07/2026 à 15:37

@JeanFrak, vous posez exactement la bonne question. Le modèle de rémunération de la canne à La Réunion repose sur un système complexe qui mêle richesse saccharine, charges partagées entre planteurs et usiniers, et mécanismes de péréquation hérités des accords interprofessionnels. Ce que réclament l'UPNA et la CGPER, c'est finalement un droit élémentaire à l'information sur leur propre situation comptable. Ce que je retiens de cet article, c'est que le vrai débat de fond, celui sur la transparence et le partage de la valeur dans la filière, risque d'être noyé dans la querelle entre syndicats sur la méthode.

J
Jean-Claude B. 22/07/2026 à 14:15

J'ai eu un planteur de Saint-Benoît dans mon taxi hier matin, il m'a dit qu'il avait fait demi-tour quand il a vu le blocage, sa canne coupée depuis deux jours déjà. Il était ni pour l'UPNA ni pour la FDSEA à ce moment-là, il était juste en colère contre tout le monde. Moi j'entends ça souvent, les domoun qui souffrent en silence et qui attendent juste d'être payés correctement pour leur travail.

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Sébastien V. 22/07/2026 à 13:25

La FDSEA soulève un point qui mérite attention : des revendications qui glissent d'un sujet à l'autre en cours d'action, c'est rarement un signe de maturité dans une négociation. Cela dit, on peut comprendre que des organisations qui peinent à obtenir des réponses sur un premier point finissent par élargir le spectre. La vraie question est de savoir si un cadre de dialogue existe réellement, ou si le blocage physique devient le seul levier disponible faute d'interlocuteurs à la table.

J
JeanFrak 22/07/2026 à 13:17

Article intéressant, mais j'attends toujours que quelqu'un explique clairement comment fonctionne ce modèle de rémunération de la canne. Parce que là on parle de richesses, d'amortissements, de prix plancher, sans jamais poser les bases du système.

T
Tom de l'Étang 22/07/2026 à 13:13

J'entends régulièrement des planteurs en consultation, et le stress de la campagne canne c'est quelque chose de très concret physiquement. Arriver à l'usine après une année de travail et se retrouver face à un blocage, ça rajoute une couche de tension qui n'est vraiment pas anodine. Cela dit, l'incertitude sur les revenus que dénoncent l'UPNA et la CGPER, lé pa fasil à vivre non plus. Les deux situations épuisent les gens.

M
Mickaëla 22/07/2026 à 13:09

Je ne connais pas tous les détails de la filière canne, mais voir des agriculteurs se lever pour réclamer plus de transparence sur leur rémunération, ça parle à n'importe quel indépendant. On mérite tous de savoir ce qu'on gagne vraiment et pourquoi.

P
Patrick974 22/07/2026 à 13:03

Ce qui me frappe dans ce conflit, c'est la question des tableaux d'amortissement. Si les planteurs ne peuvent pas accéder à des données financières qui concernent directement leur propre situation, on est face à un vrai problème de transparence, pas seulement de méthode syndicale. La FDSEA a beau jeu de critiquer la stratégie de l'UPNA, mais elle esquive soigneusement le fond : est-ce que les planteurs ont ou non accès aux informations comptables auxquelles ils ont droit ? C'est la vraie question.