Le préfet de La Réunion a ordonné la fermeture administrative du Rooftop, du Balcon et du Nomad, trois établissements de nuit situés à Saint-Gilles-les-Bains. Ces arrêtés font suite à des avis défavorables de la commission de sécurité, en raison de manquements aux règles applicables aux établissements recevant du public.
Les contrôles ont révélé des défaillances similaires dans les trois établissements : systèmes d'alarme incendie hors normes, dégagements et issues de secours non conformes, ainsi que d'autres anomalies relevant de la réglementation sur la sécurité des personnes.
Le cas du Rooftop est le mieux documenté. Lors d'une visite inopinée menée le 26 juin, les agents ont constaté que des travaux pourtant annoncés n'avaient pas été réalisés. Ils ont relevé un escalier inachevé présentant un risque de chute, des locaux à risques insuffisamment isolés et des dégagements de secours non conformes, auxquels s'ajoutait un système d'alarme défaillant. La commission a estimé que ces manquements pouvaient compromettre l'évacuation du public en cas d'incendie.
Les trois établissements resteront fermés jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité. La réouverture de chacun d'eux sera conditionnée à une nouvelle visite et à un avis favorable de la commission de sécurité d'arrondissement.


6 commentaires
Une question quand même : est-ce que ces établissements avaient reçu des avis défavorables avant cette visite de juin, ou c'est la première fois qu'on les contrôle ? Parce que si des alertes existaient déjà et que rien n'a été fait, le problème est moins technique qu'organisationnel.
Moi pour avoir mon autorisation sur le front de mer j'ai galéré des mois, les contrôles, les paperasses, la commission qui repasse deux fois... et là des boîtes qui accueillent des centaines de personnes le week-end avec un escalier inachevé, lé pa fasil à avaler. Y'a pas deux poids deux mesures ou quoi ?
Avant, quand on construisait quelque chose, on finissait d'abord de le construire avant d'y faire entrer les gens.
Permettez-moi une précision utile pour la bonne compréhension du sujet : les établissements de ce type relèvent du classement ERP (Établissements Recevant du Public), catégorie qui impose des contrôles périodiques obligatoires bien avant toute ouverture au public. Que des manquements aussi sérieux subsistent, notamment sur les systèmes d'alarme incendie, laisse penser que les visites de suivi n'ont pas été conduites dans les délais réglementaires prévus, ou que les observations n'ont pas été prises en compte. L'article ne précise pas si des mises en demeure préalables avaient été notifiées.
Il y a quelque chose d'étrangement récurrent dans ces histoires de lieux de fête fermés pour des raisons qu'on aurait pu anticiper. Perec écrivait que les lieux finissent toujours par trahir ce qu'on refuse de voir en eux. Un escalier inachevé, des issues de secours bouchées : ce n'est pas anodin, c'est le reflet d'une certaine manière de gérer, ou plutôt de ne pas gérer. Saint-Gilles mérite mieux pour sa vie nocturne, qui fait partie de l'identité du péi autant que ses plages.
Ce type de mesure illustre bien la tension permanente entre impératifs économiques et obligations réglementaires de sécurité. Les commissions d'arrondissement font leur travail, les avis défavorables sont prononcés, et les arrêtés préfectoraux suivent. Ce qui interroge davantage, c'est le délai entre les premières préconisations et les visites inopinées : si des travaux avaient été annoncés et n'ont pas été réalisés, c'est que le calendrier de suivi n'a pas fonctionné comme il aurait dû.