Condamné par la section disciplinaire du conseil académique de l'université, puis nommé directeur adjoint aux affaires générales de l'ESIROI, François Garde a accordé un entretien à Zinfos974 pour répondre aux accusations de harcèlement moral qui ont pesé sur lui durant ses années à la direction de l'établissement, entre 2020 et 2025.
Il conteste les faits qui lui sont reprochés. « Quand on manage une école, il faut prendre des décisions par rapport à une stratégie et quand la stratégie ne va pas dans le sens de certaines personnes, on se retrouve au pénal comme par hasard juste avant des instances de l'école », dit-il. Il précise que « les plaintes (au pénal) ont été déposées depuis deux ans mais qu'il n'y a aucune suite ».
Sur la crédibilité des témoignages recueillis lors de la commission d'enquête, François Garde reconnaît que la situation est difficile à trancher : « de nombreux témoignages étaient contre moi mais aussi de [mon] côté lors de la commission d'enquête ». Il avance les résultats de l'école comme argument à décharge. « Nous avons eu une accréditation maximale de la commission des titres d'ingénieur, nous avons eu une certification ISO9001. Vous croyez sincèrement qu'un manager qui a un management toxique peut mener une école à des résultats positifs. C'est impossible… »
Il juge la condamnation prononcée par la section disciplinaire injustifiée. « Ils ont écrit sur moi des choses qui sont fausses sans produire de faits. Comment peut-on imaginer que j'ai pu instrumentaliser un conseil d'école composé de seize membres dont des professionnels ? C'est absolument impossible. » Il a fait appel de cette décision devant les instances nationales. « Si j'étais persuadé que j'avais causé du mal à certaines personnes, j'aurais accepté la sanction », explique-t-il.
François Garde concède néanmoins « avoir été parfois un peu maladroit » et reconnaît « avoir peut-être fait des erreurs de communication qui ont été mal perçues ». Il indique s'être excusé auprès d'un agent, « notamment Monsieur Grillasca, en lui disant que j'avais eu une attitude qui avait pu l'atteindre mais que ce n'est pas ce que je cherchais ». Il reconnaît par ailleurs que « le personnel a eu une charge de travail assez importante » et qu'un diagnostic a été réalisé pour « mieux répartir la charge de travail ».
Sur le recrutement de sa compagne et de sa belle-sœur au sein de l'établissement, il récuse toute intervention de sa part. « Les gens sont auditionnés et il y a une commission paritaire qui valide les mutations. Les règles ont été respectées pour ces deux mutations. Ce n'est pas moi qui vais dire il faut embaucher ma belle-sœur ou machin… Ce n'est pas comme ça que ça se passe à l'université contrairement à ce que l'on veut vous faire croire. » Il soutient n'avoir jamais fait pression sur le précédent directeur en ce sens.


9 commentaires
Je vois pas trop le rapport avec mon domaine mais bon, une chose que j'ai apprise sur l'eau c'est que les récifs qui paraissent beaux en surface peuvent être complètement morts en dessous. Pareil ici, une accréditation et un ISO9001 ça dit rien sur ce que vivent les gens au quotidien dans la structure.
Sur la question du recrutement des membres de la famille, il faut effectivement distinguer la légalité de l'opportunité. Les commissions paritaires existent précisément pour objectiver ces situations, et si elles ont validé, on ne peut pas revenir sur la procédure. Ce qui est plus délicat à apprécier, c'est si la présence de ces agents a pu, même indirectement, créer une situation de gêne pour les autres personnels dans l'expression de leurs difficultés. C'est souvent là que se nichent les zones grises dans les établissements publics.
Ce que dit @JeanFrak sur la façade m'interpelle vraiment. Dans le e-commerce on a un indicateur simple : le taux de rétention. Les certifications c'est comme un bon taux de conversion en haut de funnel, ça attire, mais si derrière les gens qui font tourner la machine partent les uns après les autres, la machine s'arrête. Les accréditations de l'ESIROI ça parle aux partenaires extérieurs, pas forcément à ce qui se passe en interne.
@Zilo a raison sur le fond. En architecture on a un mot pour ça : le Potemkine. Une belle façade qui cache des fondations pourries. Ce que décrit Monsieur Garde ressemble exactement à ça, des certifications qui servent d'écran, des process qui donnent l'illusion d'un édifice solide. La section disciplinaire a rendu une décision, c'est pas rien comme instance.
@Nadine Saint-Louis, tu soulèves un point important. Il y a une notion qu'on appelle le conflit d'intérêts apparent, distinct du conflit d'intérêts réel. Même si les procédures ont été suivies à la lettre, la seule apparence d'un avantage accordé à ses proches suffit à fragiliser l'autorité d'un dirigeant et à alimenter la défiance du personnel. C'est un classique en gouvernance d'entreprise, et les établissements publics n'y échappent pas. La question n'est pas seulement "était-ce légal", mais "était-ce opportun".
L'argument "bons résultats = bon management" c'est un peu comme dire que ton app a 5 étoiles donc le code derrière est propre. Les deux sont pas forcément liés.
Trop compliqué tout ça pour moi.
Recruter sa compagne et sa belle-sœur dans le même établissement qu'on dirige, même si les règles ont été respectées, ça laisse un goût bizarre. Dans ma boutique si je fais quelque chose qui choque mes clients, les règles ont beau être respectées, la confiance elle est abîmée quand même.
Quand on dirige une structure avec du personnel, les résultats ne prouvent pas forcément que tout se passe bien en interne. J'ai des salariées chez moi, et je sais que quelqu'un peut faire du bon travail en surface tout en mettant une pression terrible sur les gens. Les accréditations et les certifications, ça dit rien sur l'ambiance dans les couloirs.