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Corsair relance La Réunion-Toulouse, quinze ans après l'abandon

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Corsair relance La Réunion-Toulouse, quinze ans après l'abandon

Avec Corsair, l’aéroport de Toulouse-Blagnac tend les bras à La Réunion - Crédit Zinfos974 - Société


Quinze ans après le dernier vol, Corsair a relancé en juin 2026 une liaison directe entre La Réunion et Toulouse-Blagnac, via Marseille. Deux vols de nuit par semaine, les mardis et dimanches au départ de La Réunion. La compagnie vise 30 000 passagers annuels sur cette route.

Air Austral, XL Airways et Corsair lui-même s'y étaient essayés avant d'abandonner, le dernier en 2011. Les coûts d'atterrissage en province, le faible nombre de rotations et la concurrence de la desserte parisienne avaient eu raison des tentatives précédentes. Cette fois, Corsair s'appuie sur une flotte renouvelée : neuf Airbus A330 neo, présentés comme « l'une des plus jeunes au monde », qui réduisent selon la compagnie les charges de maintenance, la consommation de kérosène et les empreintes carbone et sonore.

« On estime que le marché est plus mature désormais en province. Il y a une demande à laquelle il faut répondre », explique Mouloud Hammar, responsable des ventes en province chez Corsair, seule compagnie à proposer des liaisons directes entre les régions hexagonales et l'outre-mer. Il cite la présence étudiante réunionnaise à Toulouse, le potentiel économique du bassin toulousain dans des secteurs comme l'aéronautique, les biotechnologies ou la mobilité, et « l'enclavement » de la région, mal desservie par le train contrairement à Lyon.

L'aéroport de Toulouse-Blagnac, cinquième aéroport régional français avec 7,6 millions de passagers par an, reçoit la ligne avec intérêt. La plateforme avait subi la montée du télétravail pendant la période Covid, qui avait réduit sa demande vers Paris, alors représentative de 30 % de son trafic. « On accueille cette ligne avec beaucoup d'enthousiasme car il y a un enjeu très fort, dans les deux sens », déclare Bruno Balerdi, directeur commercial, clients et communications de l'aéroport.

Pour préparer le lancement, une délégation de tour-opérateurs et de voyagistes d'Occitanie a été invitée à découvrir l'île avant d'inaugurer la ligne le 15 juin dernier. Rémi Chauchard, PDG de Chauchard Evasion, agence historique de la région aveyronnaise, juge que la liaison directe « va enlever le stress d'une escale à Paris, notamment au niveau des bagages ». Corsair prévoit par ailleurs d'ouvrir prochainement deux nouvelles liaisons depuis Marseille et Toulouse vers Pointe-à-Pitre, en complément de ses vols existants depuis Bordeaux et Nantes vers les Antilles.

« Mais avec cet avion qui coûte moins cher et cette ligne qui a du sens, cette fois, ça va marcher ! » affirme Bruno Balerdi. La question du prix reste centrale : la capacité de Corsair à concurrencer durablement la desserte via Paris déterminera si cette tentative sur Toulouse tient la distance.

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11 commentaires

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L
Lastron-Leïla 27/06/2026 à 16:20

@Pti-Louis, je comprends la fatigue des promesses non tenues, mais là c'est pas les mêmes conditions qu'avant. Un A330 neo c'est pas du tout la même équation économique, et Corsair s'appuie sur une clientèle étudiante et pro qui existait pas à ce niveau en 2011. Si la ligne tient six mois avec de bons taux de remplissage, les tour-opérateurs d'Occitanie vont suivre pour de vrai. Alé, on leur laisse une chance non ?

T
TataYoyo 27/06/2026 à 16:11

Ma petite-fille est partie à Toulouse l'année dernière pour ses études et chaque fois qu'elle revient j'ai le coeur qui saigne quand je vois ce que ça coûte. Elle fait le trajet par Paris, elle arrive épuisée, maigrie, et moi je passe la première semaine à la nourrir et à la remettre sur pied. Si cette ligne tient vraiment, je dis merci, parce que nos enfants ont assez de mal comme ça sans que les voyages les achèvent avant même d'arriver.

N
Naïma94 27/06/2026 à 15:41

@Anaëlle, je me pose la même question sur les partenariats, mais pas seulement pour les étudiants. Moi j'ai plusieurs collègues infirmiers qui ont de la famille à Toulouse et qui repassent par Paris à chaque fois, c'est une demi-journée de perdue. Les professions libérales de santé qui bougent vite, on a pas toujours le temps de se taper deux escales. Si Corsair propose des tarifs corrects en dehors des vacances scolaires, y'a clairement une clientèle qui attend ça.

Z
Zoubi 27/06/2026 à 15:18

J'ai une cliente ce matin qui m'a parlé de ça pendant que je lui faisais ses racines. Sa nièce est à la fac à Toulouse, et elle m'a dit que maintenant elle va enfin pouvoir venir passer les vacances de la Toussaint ici sans que ça coûte un bras. On a passé presque toute la mise en plis à faire des calculs sur le prix des billets, c'était rigolo.

A
Anaëlle 27/06/2026 à 14:16

Je me demande si Corsair a prévu des tarifs étudiants ou des partenariats avec les universités de Toulouse, parce que beaucoup de mes amis en master font le trajet deux fois par an et c'est souvent le prix qui les force à passer par Paris. Est-ce que quelqu'un sait si des négociations avec des établissements comme l'UT Capitole ou Toulouse Business School ont été évoquées ?

R
Rafiki 27/06/2026 à 13:59

@Jean-Claude B., je comprends le scepticisme, et t'as pas tort sur l'historique. Mais cette fois y'a quelque chose de différent dans le profil des visiteurs qui arrivent depuis Toulouse. La semaine dernière j'avais un groupe de huit personnes, la moitié travaillait dans l'aérospatiale, ils voulaient pas juste les plages, ils voulaient le Mafate, comprendre le piton, toucher la lave. Ce type de randonneurs reste plus longtemps, dépense différemment, et revient. Si Corsair tient les tarifs à un niveau raisonnable, ce marché-là, il est réel.

N
Nadine Saint-Louis 27/06/2026 à 13:28

J'ai pas trop réfléchi à l'angle tourisme au début, mais une cliente m'a dit ce matin qu'elle attendait justement cette ligne pour que sa fille revienne de Toulouse plus souvent, et là j'ai pensé que plus de familles qui bougent, c'est aussi des gens qui repassent acheter avant de repartir. Des fois les bonnes nouvelles pour le péi arrivent par des endroits qu'on n'attendait pas.

P
Pti-Louis 27/06/2026 à 12:10

Comme dit Jean-Claude, ça finit toujours pareil. On voit des bateaux comme ça aussi, des armateurs qui annoncent de belles rotations et deux ans après le quai est vide. Les gens du sud de l'île qui veulent voir leur famille à Toulouse, ils ont appris à pas trop y croire.

J
Jean-Claude B. 27/06/2026 à 11:10

Ça fait trois fois que Corsair ou un autre essaie sur Toulouse et ça finit toujours pareil. J'en ai emmené des passagers à l'aéroport sur cette route, et à chaque fois les compagnies abandonnent au bout de deux ans. Le prix c'est le nerf de la guerre, si ça coûte pareil qu'en passant par Paris, les gens vont prendre Paris.

V
Vavangue 27/06/2026 à 11:09

J'espère que cette ligne va aussi profiter aux producteurs locaux, pas seulement aux touristes. Parce que lé pa fasil d'exporter nos miels et nos rhums arrangés vers Toulouse depuis Paris, les intermédiaires prennent tout. Une liaison directe ça ouvre peut-être des portes pour l'artisanat du péi aussi, pas juste pour remplir des hôtels.

L
Lulu 27/06/2026 à 11:02

Moi j'ai eu deux clients la semaine dernière qui venaient de Toulouse, ils ont pris un détour par Paris pour arriver ici, presque 24h de voyage pour eux. Ils étaient épuisés quand ils sont arrivés au food truck, ils m'ont raconté ça entre deux bouchons de crevettes. Si Corsair tient cette ligne, ça va vraiment changer la donne pour les gens de là-bas qui veulent venir nous voir.