Face aux difficultés financières exprimées par ses salariés ces dernières semaines, Proxim'Services a annoncé en juin une série de mesures pour soutenir leur pouvoir d'achat : une Prime de Partage de la Valeur pouvant atteindre 400 euros et une revalorisation de l'indemnité kilométrique.
Dans un communiqué publié le jeudi 25 juin, la structure, spécialisée dans l'accompagnement et le maintien à domicile des personnes fragiles à La Réunion, précise que cette prime sera modulée selon le taux de présence de chaque salarié sur la période courant de mai 2025 à mai 2026. L'indemnité kilométrique passe, elle, à 0,53 euro par kilomètre jusqu'au 31 décembre 2026 — une mesure qui touche directement les aides à domicile, dont les déplacements représentent une part importante du travail quotidien.
Ces annonces font suite à des prises de parole publiques de salariés, notamment sur les frais de transport. L'association indique que sa fédération, Proresap, suit les dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour le secteur et tient régulièrement les équipes informées des avancées obtenues au niveau national, parmi lesquelles l'avenant 76, la prime dite de « grand rouleur » ou certaines aides départementales.
Proxim'Services met également en avant les résultats de son évaluation 2025 par la Haute Autorité de Santé, qui lui a attribué la note « B » sur une échelle de A à D. L'association se présente comme « le seul Service Autonomie à Domicile de La Réunion à atteindre ce niveau d'excellence ».
La structure dit vouloir poursuivre son développement à travers le renforcement des soins à domicile, la diversification de ses services et de nouveaux partenariats avec les établissements sociaux et médico-sociaux du territoire.


10 commentaires
@Thierry Lebon, bonne précision sur la PPV. Pour compléter : dans les structures de moins de 50 salariés, l'exonération reste totale côté salarié jusqu'à 3000 euros, mais il faut bien vérifier la masse salariale et les conditions d'accord d'intéressement pour savoir dans quel plafond on tombe. Le 400 euros annoncé est en dessous du seuil, mais la modulation selon le taux de présence peut créer des disparités qu'il vaut mieux documenter en paie.
Pas trop mon domaine, mais je connais des familles à Sainte-Suzanne qui font appel à ce type de service pour leurs anciens. 0,53 euro du kilomètre sur les routes de l'Est, avec les montées et les virages qu'on a, c'est vite avalé par l'usure du véhicule. Bon qu'ils aient bougé quand même.
@Thierry Lebon, merci pour la précision, mais j'espère surtout que les aides à domicile, elles, n'ont pas à déchiffrer tout ça elles-mêmes.
Ce qui me frappe dans cet article, c'est la logique de modulation de la prime selon le taux de présence. C'est une pratique qui mérite qu'on s'y attarde, parce que dans le secteur de l'aide à domicile, l'absentéisme n'est pas toujours un choix : les conditions de travail, la fatigue physique, les accidents de trajet... tout cela pèse. Récompenser la présence, oui, mais il faudrait s'assurer que cela ne pénalise pas davantage ceux qui sont déjà fragilisés. Les travaux de la DREES sur les métiers du soin à domicile documentent bien cette réalité. La note B de la HAS est une bonne nouvelle pour les bénéficiaires et leurs familles, c'est le point qui me semble le plus concret pour les personnes accompagnées.
Honnêtement la note HAS c'est pas le truc qui va faire buzzer, mais la prime modulée selon le taux de présence c'est une logique qu'on retrouve dans pas mal de boîtes tech pour les perfs. La différence c'est que là c'est des gens qui s'occupent de personnes âgées, pas des devs sur un sprint. Faut voir si le système de calcul est vraiment transparent pour les salariés ou si c'est juste une carotte floue.
Question sincère : est-ce que la note B de la HAS a un impact concret sur les financements que l'association peut obtenir, ou c'est surtout une reconnaissance symbolique ? Je cherche à comprendre comment fonctionnent les évaluations dans le secteur médico-social, on n'en parle pas trop dans nos cours sur les structures de l'ESS.
Lé bon qu'ils ont bougé, parce que les aides à domicile elles travaillent dur, j'en connais plusieurs dans mon quartier à Saint-Pierre. Elles courent d'une maison à l'autre toute la journée et à la fin du mois c'est compliqué. 400 euros c'est pas rien mais faut voir combien vont vraiment toucher le max, avec le taux de présence c'est pas gagné pour tout le monde.
0,53 euro du kilomètre, ça reste en dessous du barème fiscal réel pour un véhicule qu'on use tous les jours sur les routes du péi. Nous dans la coop, on a le même débat pour les livraisons. Les gens qui se déplacent pour un service essentiel méritent mieux qu'une indemnité calculée au plus juste, surtout avec ce que coûte le carburant aujourd'hui à La Réunion.
Un point de précision sur la Prime de Partage de la Valeur : depuis la loi du 29 novembre 2023, le régime d'exonération sociale et fiscale a évolué, il convient de vérifier que les conditions d'exonération sont bien respectées selon la taille de la structure et le niveau de rémunération des bénéficiaires. Pour les associations, ce n'est pas toujours automatique, et les salariés ont intérêt à se renseigner auprès de leur service RH.
C'est intéressant comme approche de communication, ils ont réussi à transformer une situation de tension sociale en annonce positive. La note HAS niveau B mis en avant derrière, c'est clairement un signal envoyé aux partenaires institutionnels. Par contre, moduler la prime selon le taux de présence, ça peut créer des effets pervers si les absences sont liées justement aux contraintes financières que la prime est censée compenser.