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Canne à sucre couchée : 40 à 45 % de récolte perdus dans l'Ouest

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Canne à sucre couchée : 40 à 45 % de récolte perdus dans l'Ouest

"Un coup de massue" : les cannes de l'Ouest et du Sud à terre après les intempéries - Crédit Zinfos974 - Économie


Des cannes à sucre jonchent le sol dans l'Ouest et le Sud de La Réunion après les violentes intempéries du week-end. À quelques jours du démarrage de la campagne sucrière, les pertes atteignent entre 40 % et 45 % de la récolte dans le bassin de Savanna-Stella, selon Willy Elin, président du Comité mixte d'usine de la zone Stella.

« Sur notre bassin cannier, les pertes estimées représentent déjà entre 40 % et 45 % de la récolte. C'est un coup de massue pour les planteurs de la zone », déclare-t-il. Du Bassin Ouest jusqu'à Saint-Philippe, rafales de vent et pluies torrentielles ont couché les tiges sur de vastes surfaces. Sur la seule exploitation d'Aniel Horus, dans les hauts de Terre Rouge, huit hectares ont été intégralement dévastés.

Le problème va au-delà de la perte de matière première. Les machines de coupe ne pouvant pas ramasser des tiges couchées, les planteurs devront passer à une coupe exclusivement manuelle — un surcoût de main-d'œuvre que beaucoup d'exploitations ne pourront pas absorber seules. Les cannes au sol sont par ailleurs exposées aux rongeurs, ce qui accélère leur dégradation.

La filière maraîchère n'est pas épargnée. Dans l'Ouest et le Sud, les vents ont arraché les bâches des cultures sous serre, paralysant les structures et fragilisant l'approvisionnement local en fruits et légumes.

Face à l'ampleur des dégâts, la FDSEA réclame des mesures d'urgence aux autorités. Le syndicat s'est rallié à la proposition des Jeunes Agriculteurs en demandant que la campagne sucrière démarre le 13 juillet. Cette date permettrait aux planteurs sinistrés d'acheminer leurs cannes abîmées lors des essais industriels de l'usine, pour un volume compris entre 300 et 1 000 tonnes, et de dégager rapidement de la trésorerie. La FDSEA prévient qu'elle « ne relâchera pas la pression tant que des mesures concrètes et proportionnelles à la gravité de la situation ne seront pas actées ».

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10 commentaires

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M
Mémé Marthe 24/06/2026 à 13:53

Mon père disait que la canne elle pardonne pas deux fois. La première fois c'est la nature qui frappe, la deuxième c'est l'homme qui tarde.

A
Alex 24/06/2026 à 13:29

@Sébastien V., tu parles de mobilisation rapide des fonds mais on sait tous comment ça se passe en vrai. Entre la déclaration de sinistre, l'instruction du dossier et le virement, les planteurs peuvent attendre six mois. Y'a des outils qui existent, les avances sur calamités agricoles, le fonds de garantie, mais je ne vois nulle part dans cet article si ces mécanismes ont déjà été activés ou si on en est encore au stade des demandes. Ce serait intéressant que la rédaction fasse un suivi là-dessus dans deux semaines.

R
Roselyne 24/06/2026 à 12:36

Nous à Salazie on a eu des rafales toute la nuit du samedi, les bâches de mes chouchous ont tenu mais c'était moins une. Ce que vivent les planteurs de canne dans l'Ouest c'est une autre échelle, 40 % de pertes ça laisse sans voix. Dans les hauts on sait que la météo peut tout effacer en quelques heures, mais là le timing avec la campagne qui démarre c'est vraiment le pire moment possible pour les familles.

M
Marie-Hélène 24/06/2026 à 11:52

@Tom Bib, tu touches quelque chose d'important avec cette dimension historique. La filière cannière a traversé des crises successives depuis les années 80, chaque fois avec les mêmes questions sur sa viabilité économique réelle pour les petits planteurs. Ce qui m'inquiète ici, c'est moins la catastrophe ponctuelle que la fragilité structurelle qu'elle révèle : une filière dépendante à ce point des conditions climatiques, sans filets de sécurité solides, c'est une filière sous perfusion permanente. Les mesures d'urgence sont nécessaires, mais on attend encore une vraie réflexion de fond sur l'avenir de la canne à La Réunion.

S
Sébastien V. 24/06/2026 à 10:32

La demande de démarrage anticipé au 13 juillet est une piste cohérente, mais il faudra s'assurer que les dispositifs d'accompagnement suivent concrètement. On parle de trésorerie d'urgence, ce qui suppose une mobilisation rapide des fonds calamités agricoles et une instruction accélérée des dossiers. Les collectivités territoriales ont leur rôle à jouer en appui, mais les délais administratifs habituels ne sont pas compatibles avec la réalité du terrain que décrit cet article.

K
KékéSurf 24/06/2026 à 10:21

Quand la mer est mauvaise on rentre, mais les planteurs eux peuvent pas juste attendre que ça passe. Huit hectares d'un coup pour Aniel Horus c'est le genre de vague qui te coule pour de bon. La nature frappe fort dans ce péi-la.

T
Tom Bib 24/06/2026 à 09:19

Ce qui me frappe dans cet article c'est cette expression, «coup de massue», qui dit tout. La canne à sucre est au coeur de l'histoire réunionnaise depuis des siècles, et chaque fois que la filière vacille on mesure à quel point elle reste fragile face aux aléas climatiques. Le fait que la FDSEA réclame une date de démarrage anticipée pour permettre aux planteurs de dégager de la trésorerie, c'est exactement la mécanique que décrit Erik Orsenna dans «Voyage aux pays du coton» pour d'autres filières agricoles du monde, une course permanente contre le temps et contre la météo. La question est de savoir si les autorités répondront avec la même urgence que celle ressentie sur le terrain.

M
Mamie Câline 24/06/2026 à 09:12

Ici à Cilaos on a entendu le vent ce week-end, lé pa fasil ces moments-là. Je pense bien à ces planteurs des hauts de Terre Rouge, huit hectares d'un seul coup c'est toute une vie de labeur. La terre elle donne et elle reprend, mais là elle a repris beaucoup trop d'un seul coup.

J
Jean-Marc 24/06/2026 à 09:09

Le problème de la coupe manuelle je le comprends très bien. Quand t'as pas le bon outil pour faire le boulot, tu doubles les coûts et tu perds du temps. Ces planteurs vont devoir trouver de la main-d'oeuvre du jour au lendemain, c'est pas réaliste sans aide de l'État. Et en plus les rongeurs qui attaquent les cannes au sol, c'est le genre de truc qui s'accélère vite si on traîne.

M
Marie 24/06/2026 à 09:03

40 à 45 % de pertes c'est énorme. Pour ces familles-là, c'est toute une année de travail qui part. J'espère que les mesures demandées par la FDSEA seront entendues vite, parce que la trésorerie ça n'attend pas.