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Canne à sucre à La Réunion : une récolte 2026 en hausse de 15 %

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Canne à sucre à La Réunion : une récolte 2026 en hausse de 15 %

Campagne sucrière : (enfin) un rebond attendu en 2026 pour la canne - Crédit Zinfos974 - Économie


Le Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS) table sur une récolte de 1,311 million de tonnes de cannes pour la campagne 2026, contre un peu plus de 1,13 million de tonnes réceptionnées en 2025. Cela représente une hausse de près de 176 000 tonnes, soit environ 15 % en un an. Ces estimations, tirées du premier réseau de prélèvements réalisé en juin, restent provisoires.

Les deux bassins industriels sont concernés par ce rebond. À Bois-Rouge, dans le Nord-Est, la progression serait la plus marquée : 688 000 tonnes prévues, contre 565 593 tonnes l'an dernier. Le bassin de Beaufonds pourrait atteindre à lui seul 368 000 tonnes, celui de Bois-Rouge-La Mare remonterait à 320 000 tonnes. Au Gol, dans le Sud-Ouest, la prévision s'établit à 623 000 tonnes contre 569 660 tonnes en 2025, avec des hausses sur l'ensemble des bassins : Grand-Pourpier, Tamarins-Stella, Grand-Bois.

Cette amélioration tient avant tout à la hausse du poids moyen des cannes. À Tamarins, ce poids passe de 1,29 kg en 2025 à plus de 2 kg cette année. À Beaufonds, il progresse de 0,95 à 1,30 kg. À Bois-Rouge-La Mare, il retrouve pratiquement son niveau d'avant le cyclone Garance. Le CTICS y voit la preuve de la résilience de la culture cannière et des efforts des planteurs pour remettre leurs parcelles en production.

La campagne 2025 s'était déroulée dans un contexte difficile : le cyclone Garance avait durement frappé les bassins canniers du Nord et de l'Est, dégradant le poids moyen des cannes dès les premiers prélèvements. La filière avait finalement maintenu sa production juste au-dessus du million de tonnes — un résultat meilleur que les scénarios les plus pessimistes, mais qui confirmait des niveaux historiquement faibles.

Malgré ce rebond attendu, la prévision 2026 reste très en deçà des volumes d'avant 2020. La filière produisait encore plus de 1,7 million de tonnes en 2017, soit un écart de plus de 400 000 tonnes. Le CTICS identifie des difficultés structurelles persistantes : recul des surfaces cultivées, pression foncière dans plusieurs zones, maîtrise des adventices rendue plus difficile par la réduction du nombre de matières actives disponibles pour le désherbage. Les contraintes financières de nombreux planteurs ont par ailleurs parfois limité les apports en fertilisants.

L'inconnue climatique pèse sur la suite de la campagne. La saison des pluies 2025-2026 s'est achevée avec un déficit pluviométrique de près de 45 % par rapport aux normales saisonnières. Si les cannes de début de campagne ont bénéficié de conditions suffisantes, la situation reste incertaine pour celles de milieu et de fin de campagne. Un second réseau de prélèvements permettra d'affiner les projections.

La richesse en sucre des cannes constitue un autre enjeu. En 2025, elle avait atteint des niveaux particulièrement bas dans l'Est, avec une moyenne autour de 10,35. Le revenu des planteurs dépendra aussi de la capacité des cannes à accumuler du sucre pendant la maturation. Sur le plan structurel, les acteurs de la filière doivent se retrouver en septembre pour valider une feuille de route issue des États généraux de la canne, dont les travaux engagés il y a un an doivent déboucher sur un plan d'action, comme l'a rappelé le préfet la semaine dernière.

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8 commentaires

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A
Anaëlle 22/06/2026 à 11:31

Je découvre la filière canne avec cet article et j'ai une vraie question : est-ce que les États généraux de la canne prévoient des axes pour attirer des jeunes entrepreneurs dans la filière, ou c'est surtout orienté vers les planteurs déjà en place ? Je demande parce qu'on travaille justement sur des modèles d'innovation agricole en master et la canne réunionnaise pourrait être un terrain d'étude vraiment intéressant, mais on trouve peu de ressources sur les débouchés au-delà du sucre brut.

P
Patrick974 22/06/2026 à 10:36

@Sandrine a mis le doigt sur quelque chose d'important. Le volume est une chose, la richesse en sucre en est une autre, et les deux ensemble déterminent le revenu final du planteur. Si on ajoute à ça le déficit pluviométrique de 45 % sur la saison écoulée, on voit bien que la prévision de 1,311 million de tonnes reste fragile. Ce qui m'interroge davantage, c'est la feuille de route issue des États généraux de la canne : on sait depuis longtemps que le problème est structurel, surfaces en recul, pression foncière, désherbage contraint. Un plan d'action validé en septembre, c'est bien, mais sur quel horizon et avec quels financements concrets ?

P
Pti-Louis 22/06/2026 à 10:06

La mer, la canne, les cyclones... on subit, on repart, on subit ankor. Ces planteurs je les respecte, mais 1,3 million contre 1,7 y'a dix ans, ça ressemble à une marée qui descend sans remonter vraiment.

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Lulu 22/06/2026 à 09:21

Bonne nouvelle pour les planteurs !

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PtiBatik 22/06/2026 à 09:17

1,7 million de tonnes en 2017 contre 1,3 million espéré en 2026, l'écart est là et il ne disparaîtra pas avec une bonne saison. La canne c'est le tissu de ce péi, sa couleur dorée en septembre c'est quelque chose qu'on a grandi avec, et voir les surfaces reculer à cause de la pression foncière ça fait mal. Les États généraux de septembre, j'espère que ce sera autre chose qu'un beau document qui traîne dans un tiroir.

M
Mamie Câline 22/06/2026 à 09:13

À Cilaos on est loin des plaines canières, mais on connaît bien ce que c'est que de repartir après un cyclone. Ces planteurs qui ont remis leurs parcelles en production, ça prend du courage et beaucoup de fatigue. J'espère que la feuille de route de septembre leur donnera enfin un peu de visibilité sur l'avenir, parce que l'incertitude année après année, lé pa fasil.

M
Maéva 22/06/2026 à 09:07

Ce qui me parle dans cet article c'est la résilience. Après le cyclone Garance, les planteurs ont tenu et ils repartent à la hausse, c'est exactement ce genre de trajectoire qu'on devrait raconter plus souvent. Pour ceux qui travaillent des produits cosmétiques à base de canne comme moi, une filière locale solide c'est une vraie carte à jouer en storytelling. Les consommateurs adorent ça.

S
Sandrine 22/06/2026 à 09:03

Le rebond de 15 % est encourageant, mais sur le plan financier il faut rester prudent. Si le poids moyen des cannes remonte, la richesse en sucre reste l'autre variable qui détermine le revenu réel des planteurs. Un volume en hausse avec une teneur en sucre faible, ça ne compense pas forcément la trésorerie. L'article mentionne une moyenne autour de 10,35 dans l'Est en 2025, on verra si 2026 redresse ce chiffre-là aussi.