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Contrefaçons sur Snapchat : une Réunionnaise condamnée à 3 mois avec sursis

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Contrefaçons sur Snapchat : une Réunionnaise condamnée à 3 mois avec sursis

Une affaire de stupéfiants mène les gendarmes à un commerce de contrefaçons - Crédit Zinfos974 - Faits Divers


Une Réunionnaise diplômée d'une grande école de commerce a été condamnée à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel pour avoir vendu des articles contrefaits achetés sur des sites asiatiques et revendus via Snapchat, parfois au triple de leur prix d'achat.

L'affaire remonte à décembre 2025, quand une femme se présente à la gendarmerie de La Possession après avoir trouvé des cachets d'ecstasy dissimulés dans un colis Shein. Les enquêteurs remontent jusqu'à un homme qui réside dans un Airbnb avec sa sœur, Marie, originaire de l'île mais installée dans l'Hexagone. C'est lors de la perquisition que les gendarmes découvrent, parmi ses affaires, des baskets, des casquettes et des sacs à main de marques prestigieuses.

Des échantillons ont été transmis aux marques concernées. Deux d'entre elles ont confirmé qu'il s'agissait de contrefaçons ; les autres n'ont pas répondu aux enquêteurs, un point que la défense a soulevé à l'audience. Marie a reconnu avoir commandé les articles sur des sites basés en Asie, organisé les ventes sur Snapchat et les avoir revendus à deux, voire trois fois leur prix d'achat en ligne. Son frère, depuis condamné dans l'affaire de stupéfiants, se chargeait d'acheminer les colis à La Réunion.

Le profil de la prévenue a retenu l'attention du président du tribunal : classe préparatoire, grande école de commerce, carrière dans de grandes entreprises françaises. Absente à l'audience, Marie n'a fourni aucune explication sur ses motivations. Le tribunal a noté qu'elle dispose d'un revenu confortable, écartant toute nécessité financière.

Le ministère public a qualifié la démarche de « choix délictueux » de la part d'une prévenue au casier vierge qui connaissait parfaitement le marché. Il a requis trois mois de prison avec sursis, une amende de 5 000 euros et la confiscation des scellés, dont 1 450 euros en liquide retrouvés dans l'Airbnb. L'avocate de la défense a plaidé pour la restitution de certains scellés, notamment deux téléphones professionnels et la somme en numéraire, présentée comme sans lien avec l'infraction, et demandé que la condamnation n'apparaisse pas au casier judiciaire.

Le tribunal a suivi les réquisitions : trois mois de prison avec sursis. La condamnation ne figurera pas au casier de Marie, et une partie des scellés lui a été restituée.

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8 commentaires

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D
David 12/06/2026 à 08:47

Franchement on a vu pire comme affaire au péi, mais vendre des faux sacs depuis un Airbnb ça commence à faire désordre pour l'image qu'on essaie de donner aux touristes qui viennent chez nous.

F
Fifi430 12/06/2026 à 08:26

@Alex, la question que vous soulevez est juridiquement pertinente. En matière de contrefaçon, la preuve peut reposer sur des éléments partiels dès lors que les infractions sont caractérisées sur au moins une partie des produits saisis. Le tribunal n'est pas tenu d'attendre la réponse de toutes les marques pour retenir la qualification. Ce que la défense a soulevé peut atténuer la portée des poursuites, mais ne les éteint pas, surtout quand la prévenue a reconnu les faits. Ce qui reste étonnant ici, c'est que la condamnation ne figure pas au casier, ce qui est une décision du tribunal, mais qui peut surprendre au regard du profil.

A
Alex 12/06/2026 à 07:35

@Jean-Claude B., sur le fond je suis d'accord, mais l'article ne précise pas combien de marques ont répondu "contrefaçon" sur combien sollicitées. Si deux disent oui et quatre ne répondent pas, est-ce que juridiquement ça tient vraiment ? La défense a soulevé ce point et ça me semble pas anecdotique.

Y
Yannick P 12/06/2026 à 07:12

Ce qui m'interpelle côté logistique, c'est le montage. Des colis depuis l'Asie, un frère qui sert de point de chute, un Airbnb comme entrepôt temporaire. C'est exactement le schéma classique des petits réseaux de fret informel qu'on voit tourner sur la route Maurice-Réunion-Mayotte depuis des années. La différence ici c'est que Shein et consorts ont rendu ça accessible à n'importe qui avec une carte bleue. Les douanes ne peuvent pas ouvrir chaque colis, c'est matériellement impossible, et tout le monde le sait dans le milieu.

P
Patrick974 12/06/2026 à 06:19

Ce qui interpelle dans ce dossier, c'est la notion de "choix délictueux" retenue par le parquet. La prévenue disposait d'un revenu confortable, d'une formation supérieure, et d'une parfaite connaissance du marché. On ne peut pas invoquer la précarité, ni l'ignorance. La question que je me pose est la suivante : la légèreté de la peine, trois mois avec sursis et une condamnation qui n'apparaît pas au casier, envoie-t-elle le bon signal pour dissuader des profils similaires ? J'aurais aimé qu'on parle davantage du préjudice réel pour les marques et, indirectement, pour les consommateurs trompés sur la qualité.

R
Roselyne 12/06/2026 à 06:15

On est loin de tout ça ici à Salazie, mais les marmailles commandent sur ces sites aussi, je les vois avec leurs colis qui arrivent.

L
Lastron-Leïla 12/06/2026 à 06:09

Snapchat pour vendre des contrefaçons, lé pa fasil à tracer pour les enquêteurs et pourtant ils ont remonté toute la chaîne. Ce qui me frappe c'est que quelqu'un avec ce profil aurait pu monter une vraie boutique en ligne, légale, avec ces mêmes compétences en commerce et en digital. Quel gâchis vraiment.

J
Jean-Claude B. 12/06/2026 à 06:02

J'ai des clients qui me parlent de ça depuis un moment, les ventes de fringues de marque sur Snap. Y'en a qui savaient très bien que c'était pas du vrai, ils s'en foutaient, ils voulaient juste l'étiquette. Mais là une grande école de commerce et tout, franchement ça surprend personne dans le taxi ce matin, tout le monde dit pareil : si t'as un bon salaire, kosa tu vas chercher dans la contrefaçon ?