Deux arrêtés préfectoraux du 10 juin autorisent la vidéo-verbalisation aux abords de l'aéroport Roland-Garros. La société Aéroport Roland-Garros va déployer 90 caméras pour sanctionner le stationnement gênant et les dépôts sauvages d'ordures sur les principaux axes de la concession.
Le dispositif se répartit en trois catégories : 30 caméras intérieures, 54 caméras extérieures dédiées à la vidéo-verbalisation et 36 caméras orientées vers la voie publique. Certaines sont des modèles PTZ (Pan-Tilt-Zoom), multidirectionnels, inclinables et dotés d'un zoom puissant. L'autorisation est délivrée pour cinq ans, renouvelable.
Les zones concernées incluent notamment l'impasse de la cité aéronautique et l'avenue Roland-Garros. Des agents assermentés de l'aéroport visionneront les images et dresseront des procès-verbaux électroniques pour les infractions constatées. Chaque zone sous surveillance sera signalée par des panneaux, conformément à la loi.
Les objectifs officiels du dispositif couvrent la sécurité des personnes, la prévention des atteintes aux biens, la prévention d'actes terroristes ainsi que la constatation des infractions aux règles de la circulation et du stationnement. Riverains, employés et visiteurs de la zone aéroportuaire devront donc recourir aux parkings payants pour stationner à proximité.
La date de mise en œuvre reste indéterminée. Contactée, la direction de l'aéroport indique qu'elle n'est pas encore fixée. Le dispositif serait, selon cette source, sans doute unique à La Réunion.


7 commentaires
@Thierry Lebon, vous soulevez une question juridique importante. La loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice a effectivement élargi les compétences de verbalisation à certains agents assermentés privés, mais le cadre reste strict et mérite d'être explicité dans ce type d'article. Ce qu'il serait intéressant de savoir aussi, c'est comment les riverains de l'avenue Roland-Garros ont été informés et associés à cette décision, avant la pose des panneaux réglementaires. La concertation préalable avec les habitants concernés n'est pas une obligation légale ici, mais elle est souvent gage d'une meilleure acceptabilité sociale du dispositif.
@Sébastien V., tu mets le doigt sur le vrai point en fait. 90 caméras dont des PTZ avec zoom, ça génère un volume de data monstre à traiter. Si derrière c'est juste des agents qui scrollent des heures de footage manuellement, le ROI du dispositif va vite chuter. La question c'est si ils ont prévu une solution de détection automatique genre IA embarquée pour filtrer les events pertinents, sinon c'est du hardware pour rien.
Ce qui me questionne dans tout ça, c'est la charge de travail que ça va représenter pour les agents assermentés qui visionnent les images. Visionner des flux en continu ou quasi-continu sur 90 caméras, c'est épuisant mentalement, et souvent ces postes sont sous-estimés côté conditions de travail. J'espère qu'ils ont pensé à une vraie organisation par rotation et à une reconnaissance du côté managérial, parce que pointer des infractions à longueur de journée sur écran, ça use.
Je me demande si un dispositif comme ça pourrait être un modèle pour d'autres zones d'activité à La Réunion, genre les zones commerciales ou les entrées de CHU où le stationnement sauvage est aussi un vrai problème. Est-ce que la technologie PTZ utilisée ici c'est quelque chose d'accessible financièrement pour des collectivités plus petites, ou c'est réservé à des opérateurs comme l'aéroport qui ont les reins solides ?
Mon beau-frère dépose sa femme à Roland-Garros tous les lundis matin et il se garait toujours en double file deux minutes, juste le temps d'attraper les valises. Bah voilà, i fo chercher le parking maintenant ! Les domoun vont être surpris les premiers temps.
L'article mentionne des procès-verbaux électroniques dressés par des agents assermentés de l'aéroport, mais il serait utile de préciser sur quel fondement juridique ces agents sont habilités à verbaliser sur la voie publique, qui relève normalement des forces de l'ordre ou d'agents de police municipale. Ce n'est pas une question anodine d'un point de vue du contentieux éventuel.
Le dispositif est cohérent sur le plan réglementaire, les deux arrêtés préfectoraux encadrent bien la démarche. Ce qui m'interpelle davantage, c'est la question des moyens humains derrière : 90 caméras, c'est bien, mais si les agents assermentés chargés de visionner les images ne sont pas suffisamment dimensionnés, on risque d'avoir un outil sous-exploité. L'autorisation court sur cinq ans renouvelables, il faudra voir si un bilan intermédiaire est prévu.