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Edena en crise : production divisée par deux à La Réunion

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Edena en crise : production divisée par deux à La Réunion

L’usine Edena en pleine zone de turbulences : production en berne, stocks détruits et tensions en interne


Les produits Edena ont quasiment disparu des rayons à La Réunion. Bagatelle prend le relais, tandis que Vivalo accumule les retards de livraison. En interne, les syndicats de l'usine de La Possession décrivent une crise industrielle profonde : production divisée par deux, stocks détruits, bonbonnes bloquées. La direction, elle, parle d'« adaptation temporaire ».

Le communiqué diffusé cette semaine par Edena Boissons se voulait rassurant. L'entreprise y annonçait une « adaptation temporaire » de son organisation pour assurer l'approvisionnement du marché réunionnais, avec la mise en avant de la marque Bagatelle pendant deux à trois mois. Mais Vivalo, spécialisée dans les bonbonnes et la livraison, alerte ses clients depuis plusieurs semaines sur des retards persistants. Un premier message évoquait des « contraintes de production indépendantes de notre volonté ». Un second mail reconnaissait que « la situation ne s'est pas améliorée comme nous l'espérions ».

Plusieurs représentants syndicaux contactés dressent un tableau bien plus sombre. L'usine traverserait une crise industrielle depuis l'arrivée d'une nouvelle direction et de nouveaux responsables de production. Un « changement de méthode et un nouveau protocole de fabrication » seraient au cœur du problème. Depuis décembre, la production serait fortement désorganisée. Certains salariés parlent d'un site tournant à la moitié de ses capacités, avec une baisse pouvant atteindre 50 %. D'autres résument : « on produit pour jeter ».

Les chiffres avancés sont considérables. Jusqu'à 10 000 palettes auraient été sorties du circuit pour destruction ou stockage, notamment dans la zone du Port. Environ 3 000 bonbonnes Vivalo seraient actuellement bloquées et non commercialisables. Plusieurs sources internes évoquent des lots contaminés ou impropres à la vente, et pointent des difficultés de process, des problèmes techniques sur les machines et des interrogations sur la qualité de production.

Le CSE aurait déclenché une alerte interne face à la dégradation de la situation, aux ruptures de produits et à l'impact économique déjà visible.

Interrogée, la direction d'Edena reconnaît une situation tendue, tout en en minimisant l'ampleur. L'entreprise indique traverser « une phase transitoire encadrée » ayant conduit à « des ajustements opérationnels ponctuels, incluant une suspension temporaire et ciblée de certaines lignes de production, dans une logique responsable et préventive ». Sur les stocks écartés, elle assure que « l'ensemble des opérations internes est réalisé dans le strict respect des procédures qualité en vigueur ». La situation serait « pleinement identifiée, maîtrisée et suivie avec rigueur par les équipes ».

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