Depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février, les commerçants de Majicavo-Dubaï vivent dans l'incertitude. Les étagères se vident, les délais de livraison s'allongent et les prix flambent.
Dans sa boutique, Mariama Athoumani attend un conteneur de marchandises depuis le début du Ramadan. « Normalement, il faut compter 15 jours avant de recevoir un conteneur, maintenant ça prend un ou deux mois », explique la gérante qui « ne sait pas où se trouvent ses marchandises ». La fermeture du détroit d'Ormuz perturbe le fret maritime et fait chuter son chiffre d'affaires. Pour compenser, elle achète des vêtements à ses confrères, mais à prix majoré.
« Là on est paniqué ! » Mohamed Madi, patron d'un magasin de salouvas et tissus multicolores, observe une hausse des prix du fret maritime. « Si la guerre continue, aucun bateau ne va ramener nos marchandises et nous aussi on ne pourra pas aller là-bas pour acheter donc nous sommes totalement bloqués », confie-t-il. Certains conteneurs sont arrivés à Mayotte mais restent coincés au port de Longoni, faute de documents administratifs émiratis bloqués par les frappes iraniennes.
Les Émirats arabes unis représentent le premier pays d'importation des marchandises à Mayotte après la France, avec 12 % des parts selon la Direction régionale des douanes en 2025. Face à cette dépendance, « Madame Fifa », bijoutière qui se rend habituellement deux fois par an à Dubaï, envisage de se tourner davantage vers la Chine et la Thaïlande. « Avec tout ce qui se passe, je n'ai pas de programme pour l'instant. Ça fait peur. »
L'impact dépasse le quartier de Majicavo-Dubaï. Mohamed Fahardine, président du groupement patronal de Mayotte, rapporte qu'« environ 20 % de nos adhérents ont commencé à ressentir un impact direct, notamment sur la tarification des conteneurs et la durée de livraison ». Le coût du carburant illustre cette instabilité : depuis le 1er avril, le gazole a bondi à 1,90 euros par litre (+46 centimes) et le super sans plomb à 1,97 euros (+29 centimes), en raison des « tensions géopolitiques actuelles », selon la préfecture.


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