Plus de 700 000 euros d'investissement pour 800 m² d'exposition. La délégation réunionnaise frappe fort au Salon international de l'agriculture de Paris, où producteurs et artisans mettent en avant leurs spécialités face à un public métropolitain curieux de goûter au chocolat rare et aux miels primés de l'île.
« Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve à Paris des samoussas, un massalé cabri ou un bon massalé », observe René Sotaca, conseiller départemental. Pour la communauté réunionnaise installée en métropole, ce rendez-vous annuel permet de « retrouver la chaleur locale ». Mais l'enjeu va plus loin : montrer ce que l'île produit de meilleur sur la scène nationale.
Richard Lauret, fondateur des Cabosses Ailées, présente un chocolat issu de la variété criollo, une fève blanche devenue rarissime dans le monde. « On produit le chocolat depuis la fève jusqu'à la tablette », détaille-t-il. Le processus se fait entièrement sur l'île : cueillette chez les agriculteurs, fermentation, séchage, torréfaction et broyage.
La singularité du criollo surprend. « Ça va donner des tablettes qui ont l'air d'un chocolat au lait. Mais pour autant, ce n'est pas un chocolat au lait, c'est bien un chocolat noir », précise le chocolatier. En bouche, le profil aromatique tranche : « On retrouve un goût de pain d'épices, de fleurs de jasmin, un petit peu d'âpreté en fin de bouche. »
Autre star du pavillon réunionnais : les miels d'Ananda Fridmann, productrice de Miel de Bourbon. Ses ruches donnent des saveurs qu'on ne trouve pas en métropole. Miel d'eucalyptus baptisé « miel de letchi », miel de fleurs de jouvence médaillé en 2024, miel vert du bois de tan rouge, miel rose moins sucré... « Les produits les plus demandés sur ce salon, ça va être le miel de letchi et le miel de fleur de jouvence qui a été médaillé l'année dernière », confie-t-elle. Miel de Bourbon décroche d'ailleurs quatre récompenses au Concours Général Agricole 2025, dont un or pour son miel de fleurs de Tan Rouge bio.
« C'est forcément rentable dans le sens où on a une visibilité, on se fait connaître », résume la productrice. Au-delà des ventes directes, cette vitrine parisienne vise à faire connaître les productions locales et à renforcer le lien avec la diaspora réunionnaise.


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