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Les îles Vanille visent le marché des croisières de luxe

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Les îles Vanille visent le marché des croisières de luxe

Les îles Vanille à la conquête du marché des croisières de luxe


La demande mondiale en croisières dépasse l'offre, mais l'association des îles Vanille ne mise plus sur la quantité. Exit les gros navires : elle privilégie désormais les bateaux d'exploration et de luxe, plus petits, qui transportent une clientèle fortunée et soucieuse d'environnement.

Quinze ans après sa création, l'association qui réunit La Réunion, les Seychelles, Maurice, Madagascar, Mayotte et les Comores peine encore à se faire connaître. Financée par la Région et les fonds européens Interreg, elle cible avant tout les voyageurs européens, en particulier les Allemands, plutôt que les touristes de l'océan Indien.

« Nous avons deux axes principaux : les croisières et les combinés, qui incluent la vente de deux destinations via des tours opérateurs », explique Pascal Viroleau, directeur de l'association. En 2019, La Réunion a accueilli un record de 67 724 croisiéristes, mais la crise Covid a cassé la dynamique : seulement 43 793 arrivées en 2025.

Fini le temps où seuls les chiffres comptaient. Viroleau mise sur la qualité et courtise les compagnies haut de gamme comme Ponant, Ritz Carlton et Silversea, qui utilisent des navires à faible impact environnemental.

« La croisière est idéale pour les interconnexions entre îles. C'est un secteur saisonnier où l'offre est actuellement inférieure à la demande. Notre mission est de convaincre les compagnies de positionner leurs navires dans notre région », précise-t-il.

Les îles Vanille relancent aussi les combinés aériens, qui ont attiré 87 561 touristes en 2024, soit 15,7 % des 556 534 visiteurs totaux. L'absence de certaines lignes aériennes a forcé l'association à suspendre des offres, comme celles vers les Seychelles. Elle mise désormais sur des partenaires engagés dans le développement durable.

Une compagnie aérienne indienne pourrait faciliter l'arrivée de Cordelia Cruises, une compagnie de croisière indienne. Beaucoup de croisiéristes choisissent les offres « fly and cruise », qui combinent vol et croisière.

Alain Saint-Ange, ancien président de l'association, réclame plus d'engagement politique. Malgré les progrès dans les croisières, il craint que l'association ait perdu de sa superbe. « Nous avons perdu le souffle », déclare-t-il.

Un nouveau pont d'accostage est à l'étude au Port de La Réunion. Saint-Ange s'interroge aussi sur l'impact réel du tourisme de masse. « J'ai vu d'une autre façon les îles Mayotte et Comores. Arriver avec 2 000 passagers, quel bénéfice pour le pays ? »

Les compagnies choisissent leurs ports selon plusieurs critères, dont la proximité avec les attractions locales. La Réunion réfléchit à un nouveau site d'accostage près du centre-ville, qui améliorerait l'expérience des croisiéristes.

En 2025, les dépenses directes des croisiéristes à La Réunion ont atteint 2,134 millions d'euros, en recul par rapport à l'année précédente. Les retombées économiques de Maurice et des Seychelles restent du même ordre.

Lors de l'assemblée générale à Moroni, Abubakar Ben Mahamoud, ministre de l'Environnement et du Tourisme des Comores, a été élu président. Un opérateur touristique local doute de l'efficacité de la gouvernance de l'association et de son impact sur le tourisme régional.

Pascal Viroleau rappelle que les ministres se retrouvent lors d'événements comme Top Résa et d'autres forums. Mais la lourdeur administrative décourage les voisins de La Réunion et freine les touristes. Saint-Ange partage ce constat et pointe les obstacles à l'entrée sur le territoire.

Mots clés : E-commerce

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