Les entreprises de proximité dans les territoires ultramarins subissent une baisse marquée de leur chiffre d'affaires, même si elles demeurent des acteurs centraux de l'économie locale. Selon le dernier baromètre U2P / Xerfi, leur activité a reculé de 3,2 % en volume au quatrième trimestre 2025 par rapport à l'année précédente. Cette chute est deux fois plus importante que la moyenne nationale, qui s'établit à 1,6 %. Malgré ces difficultés, ces entreprises restent des piliers de la cohésion sociale et de l'accès aux services de proximité.
Chaque territoire fait face à ses propres défis. À La Réunion, l'activité a diminué de 2,6 %, principalement à cause du ralentissement des projets immobiliers lié aux élections municipales. En Nouvelle-Calédonie, la baisse atteint 4,4 %, conséquence des émeutes de 2024, de la crise du nickel et de l'incertitude politique qui perdure. À Mayotte, le chiffre d'affaires recule également de 4,4 % en raison de la lenteur des travaux de reconstruction après le cyclone Chido. En Guadeloupe, Martinique et Guyane, les entreprises de proximité enregistrent une diminution de 3 %, avec des répercussions notables dans l'alimentation, la fabrication et les services.
Tous les secteurs pâtissent de cette conjoncture, mais de manière inégale. L'alimentation accuse la plus forte baisse avec plus de 5 % de recul. La fabrication et les services subissent aussi des pertes importantes, tandis que la construction résiste mieux, même si les disparités restent fortes selon les zones. Les professions libérales s'en sortent avec un recul plus limité. Le tourisme reste fragile, pénalisé par une fréquentation en berne et la prudence des ménages dans leurs dépenses.
Pour l'Union nationale des professions libérales (UNAPL) Réunion, ces chiffres reflètent l'impact des échéances électorales, des catastrophes naturelles et des tensions économiques sur les territoires ultramarins. La faiblesse de la demande intérieure et le climat d'incertitude freinent aussi les investissements.
Abdoullah Lala, président de l'UNAPL Réunion, souligne : « Le recul de l'activité s'explique en grande partie par le ralentissement des projets immobiliers lié au contexte préélectoral. Cette situation fragilise de nombreux secteurs, notamment la construction. Il est crucial de sécuriser l'investissement local pour maintenir l'emploi et le dynamisme économique. »
Malgré les difficultés, les entreprises de proximité restent indispensables pour l'emploi local et la continuité des services. L'UNAPL réclame un soutien renforcé pour ces acteurs, qu'elle considère comme incontournables au développement économique des Outre-Mer.


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