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Économie réunionnaise : artisanat en crise face à l'incertitude

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Économie réunionnaise : artisanat en crise face à l'incertitude

"Sans l’artisanat, la vie quotidienne s’arrête" : pourquoi l'économie réunionnaise est sous tension


L'économie de La Réunion traverse une période difficile, avec une inflation qui persiste, une instabilité politique et des tensions internationales. Le 23 janvier, lors de ses vœux à la presse, Bernard Picardo, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de La Réunion (CMAR), a dressé un constat préoccupant. L'artisanat résiste, mais l'inquiétude grandit autour de la relève, pourtant indispensable à ce secteur.

Le cyclone Garance a frappé l'Est et le Nord de l'île en ce début 2025, ajoutant ses dégâts aux difficultés économiques existantes. Bernard Picardo a constaté que cette année démarre dans un contexte compliqué, qui révèle la fragilité structurelle de l'économie réunionnaise. L'inflation élevée, la baisse du pouvoir d'achat et le ralentissement du bâtiment alimentent cette crise. Si certaines filières tiennent le coup, d'autres peinent, et les perspectives pour 2026 restent floues dans ce contexte national et international instable.

L'artisanat fait vivre près de 30 000 familles à La Réunion. Boulangers, plombiers, artisans du bâtiment : ils sont au cœur du quotidien des Réunionnais. La crise sanitaire avait révélé leur importance, les tensions actuelles la confirment. Paradoxe : le nombre d'entreprises artisanales continue de croître, preuve d'un dynamisme fragile. Mais les lourdeurs administratives, notamment celles liées aux immatriculations via l'INPI, ralentissent cet élan. La baisse du chômage, bien qu'encourageante, ne suffit pas : le taux de 16-17 % reste deux fois plus élevé qu'en métropole.

Les incertitudes politiques compliquent la donne. Picardo espère une loi de finances stable, qui donnerait aux entreprises la visibilité nécessaire pour investir et embaucher. Cette visibilité manque aujourd'hui, créant un climat d'instabilité particulièrement pénalisant pour les entreprises ultramarines.

L'apprentissage pose un problème urgent. Les centres de formation voient leurs effectifs diminuer, alors que les besoins explosent dans l'artisanat. Cette baisse compromet la formation des futurs salariés et chefs d'entreprise. Les causes sont diverses : désintérêt des jeunes, formations jugées trop complexes, manque d'attractivité. Picardo rappelle que les entreprises doivent anticiper leur relève par la formation initiale, continue et la reconversion professionnelle.

Pour répondre à ces défis, la CMA accompagne les entreprises dans leur transition numérique et écologique. L'arrivée de la facture électronique en 2026 inquiète les très petites entreprises, souvent sans service comptable. Un accompagnement social sera nécessaire.

Pour 2026, la CMAR vise la stabilité plutôt que la croissance. Redonner confiance, sécuriser les dispositifs, relancer l'apprentissage : voilà les priorités. Picardo insiste sur le rôle central de l'artisanat, surtout en Outre-mer. L'économie locale repose sur ces artisans du quotidien. Sans eux, la vie s'arrête.

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