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Étudiants ultramarins : jusqu'à 408 euros de plus que dans l'Hexagone

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Étudiants ultramarins : jusqu'à 408 euros de plus que dans l'Hexagone

Coût de la vie étudiante : jusqu’à 408 euros de dépenses supplémentaires par an pour les étudiants ultramarins - Crédit Zinfos974 - Société


Les étudiants des départements et régions d'outre-mer (DROM) dépensent jusqu'à 408,53 euros de plus par an que leurs homologues de l'Hexagone, selon l'enquête annuelle sur le coût de la vie étudiante publiée en août par l'UNEF. Un écart qui pèse encore plus lourd sur les boursiers.

À l'échelle nationale, l'UNEF évalue à 1,66 % la hausse du coût de la vie étudiante en 2026. Le reste à charge moyen atteint désormais 1 300 euros par mois, soit 74 euros de plus qu'en 2025. Depuis 2017, la hausse cumulée est estimée à 35,84 %.

Ces moyennes nationales masquent des réalités très inégales selon les territoires. Pour les étudiants ultramarins, l'écart de coût de la vie avec l'Hexagone s'établit à 2,54 % pour les non-boursiers, soit 314,36 euros supplémentaires par an, et monte à 6,94 % pour les boursiers, soit 408,53 euros. Le syndicat les qualifie de « grand·e·s oublié·e·s des politiques publiques ».

Un complément de bourse de 30 euros a été instauré en 2023 pour tenir compte de ces surcoûts. L'UNEF juge cette mesure « largement dérisoire au regard de l'ampleur de la précarité » et réclame une revalorisation de 200 euros. Le syndicat demande par ailleurs davantage de logements CROUS, le développement de la restauration universitaire et le renforcement des services sociaux dans les territoires ultramarins.

Pour les étudiants réunionnais, une contrainte s'ajoute : l'absence de certaines formations sur l'île, notamment en master, en contraint une partie à partir dans l'Hexagone. « Cette mobilité, souvent présentée comme un choix, est en réalité une contrainte », écrit l'UNEF, qui pointe des coûts qu'elle qualifie d'« exorbitants ».

Sur le plan national, le logement reste le premier poste de dépense. Le loyer moyen dans le parc privé s'établit à 627,11 euros mensuels, en hausse de 2,87 %, contre 426,36 euros en résidence CROUS, en progression de 1,04 %. Les transports coûtent en moyenne 254,14 euros aux boursiers et 278,59 euros aux non-boursiers. L'alimentation progresse de 0,87 % sur un an. L'UNEF indique que « plus de 50 % des étudiant·e·s [...] déclarent sauter régulièrement des repas pour des raisons financières ».

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7 commentaires

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D
David 23/08/2026 à 15:43

@Tom Bib, je vois ce que tu veux dire avec le déracinement, mais moi je vais être franc : c'est pas de la philosophie qu'il faut à ces gamins, c'est 200 euros de plus sur leur bourse, un logement CROUS digne et des formations qui existent ici. Trente euros par mois pour compenser la vie chère à La Réunion, franchement, qui a osé signer ça ?

M
Mickaëla 23/08/2026 à 15:16

Ce qui me touche dans ces chiffres, c'est le poids mental que ça représente pour ces jeunes, au-delà de l'aspect financier. Comment construire un projet de vie serein quand chaque mois est une source de stress ? Les études sur le bien-être étudiant montrent que la précarité matérielle finit toujours par affecter la confiance en soi et la capacité à avancer. On parle beaucoup de résilience, mais la résilience a besoin d'un socle minimal pour exister.

T
Tom Bib 23/08/2026 à 14:10

@Boug du Lagon, tu touches quelque chose d'essentiel. Aimé Césaire parlait déjà de ce déracinement forcé comme d'une violence silencieuse. Ces 408 euros, c'est une somme concrète, mais derrière il y a une histoire plus ancienne : celle de territoires qu'on a toujours pensés comme périphériques, y compris dans la carte des savoirs. Un jeune qui part à Lyon pour un master en rentrant le soir dans un appartement à 627 euros, loin des siens, ça n'a rien d'un choix épanouissant. Et les rares qui reviennent le font souvent avec l'impression d'être devenus étrangers ici. On devrait lire davantage Édouard Glissant pour comprendre ce que coûte vraiment cette mobilité-là, au-delà des chiffres.

B
Bichik 23/08/2026 à 13:18

Ces domoun qui partent étudier loin et ne reviennent pas, c'est une vieille histoire dans ce pays.

M
Maéva 23/08/2026 à 13:13

Moi j'ai lancé mon activité ici sans passer par une grande école hexagonale, mais je reconnais que tout le monde n'a pas cette option. Des amies ont dû partir à Lyon ou Paris pour des masters en marketing digital, et avec 627 euros de loyer moyen dans le privé là-bas, elles s'en sortaient vraiment difficilement. Le e-commerce permet aujourd'hui de travailler depuis La Réunion sur des marchés nationaux, i fo vraiment développer des formations adaptées ici plutôt que de continuer à exporter nos jeunes.

B
Boug du Lagon 23/08/2026 à 13:05

Des jeunes du péi contraints de partir faute de masters disponibles sur l'île, c'est autant de compétences qui ne reviendront peut-être jamais. On le voit ici aussi dans le secteur maritime, les formations spécialisées sont quasi inexistantes localement et les profils qualifiés on doit les faire venir de l'extérieur à grands frais. Le problème de fond c'est qu'on traite les DROM comme des territoires de seconde zone, et les chiffres de l'UNEF le confirment noir sur blanc.

J
JeanFrak 23/08/2026 à 13:03

408 euros de plus par an pour vivre dans nos territoires, et on parle encore de « choix » de mobilité. Ce qui me frappe, c'est que cette même logique s'applique à l'urbanisme universitaire ici : on préfère construire des logements étudiants en périphérie mal desservie plutôt qu'investir dans des campus réellement intégrés à la ville. Le CROUS réunionnais manque cruellement de places et personne ne semble vouloir traiter le problème à la racine. 30 euros de complément de bourse depuis 2023, c'est une rustine sur un mur qui s'effondre.