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CHU Réunion : 680 passages aux urgences en trois jours, le système sature

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CHU Réunion : 680 passages aux urgences en trois jours, le système sature

"Plus de 680 entrées aux urgences en trois jours" : pourquoi le CHU de La Réunion est saturé - Crédit Zinfos974 - Société


Plus de 680 passages aux urgences en trois jours, des délais d'attente d'au moins quatre heures : le Centre hospitalier universitaire de La Réunion est confronté à une saturation qui ne tient pas à une épidémie, mais à un déséquilibre structurel entre les admissions et les capacités d'hébergement.

Depuis le jeudi 20 août, le CHU invite les usagers à consulter leur médecin traitant ou à appeler le 15 avant de se rendre aux urgences. Une décision de l'Agence régionale de santé, datée du 14 août, permet de mesurer la situation : face à « une situation de saturation majeure des capacités d'hospitalisation » dans les hôpitaux de Saint-Denis et de Saint-Pierre, l'ARS a autorisé l'ouverture de 23 lits supplémentaires à la clinique privée des Orchidées, au Port, pour absorber une partie du flux.

Expédit Lock-Fat, secrétaire général de la CFDT, confirme l'ampleur de la crise. « Il y a plus de 680 entrées aux urgences en trois jours, le système est paralysé. Il y a un phénomène d'affluence autour de la rentrée scolaire, c'est un constat, il y a beaucoup plus d'entrées aux urgences que d'habitude. Mais il y a aussi un phénomène d'occupation plus longue des lits. Il n'y a pas d'activité à la clinique des Orchidées à cause de l'incendie, donc cela permet à l'ARS d'avoir 23 lits en plus, c'est une chance mais l'hôpital est malade », déclare-t-il.

Le syndicaliste pointe une fragilité de fond. Les hôpitaux des Outre-mer restent, selon lui, dans une logique de rattrapage par rapport aux établissements de l'Hexagone. « C'est un vrai problème de santé publique et c'est la conséquence de la mise en place de la facturation par activité », ajoute Expédit Lock-Fat.

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8 commentaires

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M
Marie 22/08/2026 à 16:17

Moi j'ai des salariés qui font des gardes à domicile, des personnes âgées à surveiller, et quand il faut appeler le 15 ou aller aux urgences c'est toujours la galère. Quatre heures d'attente pour une auxiliaire de vie avec un patient à charge, c'est pas tenable. I fo vraiment qu'on ait des réponses concrètes, pas juste des communiqués.

P
Patrick974 22/08/2026 à 15:42

Comme dit Lastron-Leïla, résorber une crise structurelle grâce à un incendie, ça résume assez bien l'état de la planification hospitalière. Ce qui m'interpelle davantage, c'est la question du financement à long terme. Si la T2A pénalise les établissements à faible volume d'activité relative, comme c'est souvent le cas en Outre-mer, aucune ouverture de lits temporaire ne changera la trajectoire. Est-ce que l'ARS a communiqué sur un plan de fond, ou on reste dans la gestion de l'urgence par l'urgence ?

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KékéSurf 22/08/2026 à 15:26

On régule les spots, les effectifs de sécurité en mer, tout ça, mais l'hôpital de base du péi-la tient avec des bouts de ficelle. Mes saisonniers qui viennent bosser ici l'été, si y'a un pépin, ils font quoi avec quatre heures d'attente aux urgences ?

H
Hugo Saline les bains 22/08/2026 à 14:35

Comme dit Thierry Lebon, la T2A c'est pas une nouveauté, mais ce que son commentaire n'aborde pas c'est l'effet démultiplicateur dans les territoires où les bassins de population sont plus petits et les alternatives de soins moins nombreuses. J'ai bossé deux ans près de Nantes avant de venir ici, et même dans des zones moins denses du Maine-et-Loire tu sentais la pression de ce mode de financement, mais il y avait au moins une densité de médecins libéraux pour absorber une partie du flux. À La Réunion le désert médical dans certaines zones fait que les urgences deviennent le premier recours par défaut, c'est ça le fond du problème.

A
Alex 22/08/2026 à 14:19

Je suis d'accord sur le diagnostic global mais j'attends de voir les chiffres réels sur la durée, pas juste trois jours en période de rentrée. 680 passages c'est beaucoup, mais est-ce que l'article compare avec la même période les années précédentes ? Sans baseline, difficile de savoir si on parle d'une vraie aggravation ou d'un pic classique amplifié par le contexte de l'incendie à la clinique.

T
Thierry Lebon 22/08/2026 à 13:12

La mention de la tarification à l'activité mérite d'être précisée. Ce mode de financement, dit T2A, a été généralisé en France à partir de 2004 et ses effets sur les hôpitaux ultramarins ont été documentés depuis longtemps. Ce n'est pas une nouveauté, mais il est vrai qu'on en parle trop rarement dans la presse locale.

L
Lastron-Leïla 22/08/2026 à 13:09

Ce qui me frappe c'est que la solution trouvée c'est d'ouvrir des lits dans une clinique privée parce qu'il y a eu un incendie. On règle une crise structurelle avec un accident heureux, ça fait froid dans le dos. Et après la rentrée, on fait quoi ? La communication de l'ARS là-dessus reste vraiment floue pour le grand public, i fo expliquer mieux que juste "appelez le 15".

Z
Zilo 22/08/2026 à 13:02

680 passages en trois jours c'est carrément un overflow, le système a planté. On parle de tech et de startups mais l'infra de base du péi est à la ramasse, c'est quand même là que ça devrait commencer.