Une fillette de trois ans, scolarisée à l'école Denise Salaï de Saint-Benoît, a été retrouvée seule ce vendredi vers midi dans un bus stationné au dépôt de la société de transport STOI. L'enfant était restée à bord après la tournée du matin.
La STOI assure une partie des lignes de transport scolaire de Saint-Benoît pour le compte de la Cirest. Une fois les élèves déposés dans leurs établissements, les véhicules rentrent au dépôt jusqu'à la tournée du soir. C'est pendant cet intervalle qu'un responsable présent sur place a découvert la fillette, toujours à bord. Le temps exact durant lequel elle s'est retrouvée seule n'a pas été précisé.
Selon une source proche du dossier, l'incident constitue un « grave manquement » aux procédures normalement appliquées à l'issue de chaque tournée. « L'accompagnateur ou l'accompagnatrice doit vérifier que personne ne reste dans le bus une fois la tournée terminée, en regardant également sous les sièges », explique cette source. Le conducteur est lui aussi tenu d'effectuer sa propre vérification.
La même source pointe les conditions de recrutement et de formation de certains personnels : « On a beaucoup embauché de CDD pour remplacer les PEC, mais sans faire les formations nécessaires. » La Cirest, contactée, affirme que le personnel d'encadrement est formé et dit ne pas comprendre ce qui s'est passé. La collectivité confirme avoir ouvert une enquête interne et précise que deux accompagnateurs se trouvaient à bord du bus au moment des faits, en plus du chauffeur.
La fillette a été prise en charge par le transporteur. Sa mère a été prévenue et l'enfant emmenée chez un médecin. L'examen n'a révélé aucun problème particulier.


8 commentaires
@Vavangue, ouais la fatigue je vois ce que tu veux dire, on gère une école avec mon associé, des saisonniers qui tournent, des stagiaires. Mais justement, quand t'as du monde qui change tout le temps, tu doubles les checks, tu fais pas l'impasse dessus. Trois adultes dans ce bus et personne a regardé derrière. C'est pas la fatigue, c'est le protocole qui tient pas.
Dans le BTP on a des habilitations, des formations sécurité obligatoires avant de mettre un gars sur chantier. Si tu l'envoies sans formation et qu'il y a un accident, c'est toi le patron qui trinques. Là c'est pareil, la STOI et la Cirest ont mis des gens dans un bus scolaire sans les former correctement, et c'est un enfant de trois ans qui paie les pots cassés. "On ne comprend pas ce qui s'est passé" c'est pas une réponse, c'est une esquive.
@TataYoyo, tu as raison, la fatigue fait baisser la vigilance, ça on le sait bien dans nos métiers. Mais là y'a quand même deux accompagnateurs et un chauffeur, trois personnes qui auraient dû faire ce tour du bus. Même moi quand je rentre des marchés avec mes pots, je vérifie deux fois que j'ai rien oublié sur le siège arrière. Lé pa fasil à entendre, cette histoire.
Dans mon secteur on a des protocoles très stricts pour exactement ce genre de situation, parce qu'on travaille avec des personnes vulnérables. Si un enfant de trois ans se retrouve seul plusieurs heures dans un bus, c'est qu'il n'y a tout simplement pas de checklist obligatoire et tracée. Pas de signature, pas de preuve. C'est le b.a.-ba et ça ne coûte rien à mettre en place.
Mon coeur, cette marmaille toute seule dans ce bus chaud, ça me fait frémir. De mon temps en soins, on nous répétait sans arrêt que la sécurité c'est jamais acquis, jamais automatique, faut re-vérifier à chaque fois même quand on est fatigué. Ces formations dont parle l'article, elles existent pour ça. J'espère que la petite n'aura pas gardé de frayeur.
Ce qui frappe ici, c'est la cascade de défaillances. Chaque maillon de la chaîne a failli, l'accompagnateur, l'accompagnatrice, le chauffeur. On pense à Hannah Arendt et à sa notion de banalité du mal, non pas dans le sens dramatique, mais dans celui du glissement progressif où chacun suppose que l'autre vérifie. La formation citée dans l'article n'est pas anecdotique, c'est souvent là que tout se joue. Heureusement que cette petite va bien.
L'article mentionne deux accompagnateurs en plus du chauffeur, soit trois adultes qui ont tous manqué la vérification. La Cirest dit "ne pas comprendre" mais c'est un peu court comme réponse. Est-ce que l'enquête interne sera rendue publique ou ça va rester en interne comme d'habitude ? Parce que les familles qui confient leurs enfants à ce service méritent plus que du flou.
Une enfant de trois ans seule dans un bus, plusieurs heures. Ça laisse sans voix.